Incendie de Rouen : les habitants réclament la fin du “flou entretenu par les pouvoirs publics” – Europe 1

Incendie de Rouen : les habitants réclament la fin du \

EN IMAGES. Une nouvelle manifestation à Rouen pour demander “la vérité” sur Lubrizol

Nouveau coup dur pour les agriculteurs frappés par le gel des collectes de lait, oeufs, commercialisation des légumes, fromages …suite à l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) le 26 septembre 2019.

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Ils sont nombreux à avoir appelé à manifester devant la Préfecture de Rouen (Seine-Maritime) le 11 octobre 2019 au soir car les restrictions sur le lait ne sont toujours pas levées alors que Didier Guillaume,  ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a annoncé que pour le lait, tous les prélèvements étaient négatifs. 

Messenger LinkedIn Email Syndicats, agriculteurs, Gilets jaunes, anonymes,… ils étaient un millier selon la police à manifester ce samedi devant le palais de justice de la préfecture de Seine-Maritime pour demander moins dopacité sur les suites sanitaires de lincendie ayant eu lieu dans une entreprise Seveso de la ville.

« Les arrêtés modificatifs ne seront pas signés avant lundi », se lamente Aline Catoir, agricultrice à Conteville, près d’Aumale.

« Cela représente trois jours de production en plus à jeter. Pour moi, c’est du gaspillage alimentaire et de la torture morale des agriculteurs ».

Les produits transformés, comme le neufchâtel, produits laitiers et consignés depuis l’arrêté préfectoral ne pourront pas être vendus ce week-end.

« Le directeur de lAnses, Roger Genet, a confirmé vendredi que les 84 analyses effectuées sur le lait depuis 15 jours sont favorables », indique dans un bref communiqué le ministère. « Cependant, en labsence dun avis écrit de lAnses confirmant ces résultats, le ministère de lagriculture et de lalimentation nest pas, ce jour, en capacité de lever les restrictions et de réautoriser la commercialisation du lait dans les communes concernées », ajoute le ministère.

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« Ce soir, contrairement aux annonces faites par le ministre, il semble que les services de lEtat ne peuvent modifier les arrêtés préfectoraux et permettre la reprise de la collecte de lait avant que lAnses (agence nationale de sécurité sanitaire et de lalimentation) nait publié son avis. La filière laitière appelle les autorités à prendre leurs responsabilités sans tarder », ajoute linterprofession.

Lubrizol: des agriculteurs en colère déversent du lait sur la préfecture de Rouen – images

« Il y a la Fête du ventre ce week-end à Rouen avec de nombreux producteurs. Mais les produits restent consignés dans les frigos. C’est la déception ».

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Environ 1400 personnes ont défilé dans les rues de Rouen (Seine-Maritime), samedi 12 octobre 2019, pour « demander la vérité » à Lubrizol. Après un départ confus devant le palais de Justice où les manifestants se mêlaient aux badauds de la fête du ventre, le cortège s’est élancé dans la rue Jeanne-d’Arc pour un tour en centre-ville, avec un passage par l’hôtel de Ville et la place Saint-Marc avant de rejoindre le théâtre des Arts. Une partie du groupe, peu en phase avec la CGT s’est ensuite dirigé seul vers la préfecture avant de se disperser en centre-ville.

 La réunion de la veille en préfecture avec les ministres Agnès Buzyn, Elisabeth Borne et Didier Guillaume est loin d’avoir restauré la confiance en l’État et ses autorités. « Lubrizol coupable, État complice » scandaient entre autres slogans les manifestants. Nombreux demandaient encore des comptes après l’incendie qui a touché le site classé Seveso.

Les agriculteurs ont exprimé leur colère ce samedi matin en déversant 15 000 litres de lait à quelques mètres de la préfecture de la Somme. Après lincendie de lusine Lubrizol, alors que les analyses réalisées sur le lait sont réglementaires, la reprise de la collecte nest toujours pas autorisée.

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Lubrizol: nouvelle manifestation à Rouen pour la “vérité”

Sylvain, simple citoyen, dresse un constat partagé par beaucoup : « La communication des autorités n’a pas été bonne ». Il était important d’être présent pour lui afin de dénoncer la « légèreté » avec laquelle est traitée cette affaire. « L’usine Lubrizol, ça fait le 4e ou 5e incident, et la dernière fois, ils se sont pris 4000€ d’amende, rappelle-t-il. On aimerait bien que cette fois, ce ne soit pas nous qui payions les dégâts, mais celui qui pollue. »

Ce report de la commercialisation du lait a également suscité la colère dAline Catoire, vice-présidente de la Chambre dagriculture de Seine-Maritime. Les résultats sont bons, on est sous blocus depuis 15 jours et il faut encore attendre lundi! Et on va encore jeter notre lait samedi et dimanche, moralement cest compliqué, a-t-elle dit à lAFP.

« On n’a toujours ni vérité, ni transparence », estime Jean-Noël Guyader, l’un des membres du collectif Lubrizol. La veille, il s’était présenté avec un petit comité de trois personnes à la réunion avec les ministres. « Le collectif n’était pas sur la liste, personne ne nous a laissé entrer, parce que l’on n’est pas une association. On est en train de se constituer comme tel, pour que ça n’arrive plus, mais je trouve ça inadmissible qu’on empêche les citoyens d’avoir droit à l’information. »

​Le ministre de lAgriculture Didier Guillaume, lors dune conférence de presse donnée vendredi, avait dit que le préfet pourrait dès cet après-midi lever les séquestres sur le lait car, selon lAnses (Agence nationale de sécurité sanitaire de lalimentation), tous les prélèvements étaient négatifs.

Le rétropédalage sur la levée des mesures conservatoires aux agriculteurs a aussi renforcé ses doutes. Plus loin derrière lui, Philippé est venu avec une cagette de légumes de son jardin. Il n’habite pas là où est passé le panache de fumée, mais à Sotteville-lès-Rouen. « J’essaie de faire prendre conscience aux gens qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur le périmètre du nuage, souligne-t-il. J’ai eu aussi les odeurs chez moi, de la pollution. L’état essaie de délimiter une zone pour minimiser la situation. Il faut qu’elle soit reconnue comme une catastrophe. »

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«On ne comprend pas pourquoi l’Anses ne donne toujours pas son avis» sur la reprise de la commercialisation des produits consignés, a réagi Françoise Crété, éleveuse laitière et ex-présidente de la FDSEA de la Somme, présente lors de l’action non déclarée en préfecture.

« On ne lâchera pas, prévient Jean-Noël Guyader. Tant qu’on n’aura pas obtenu satisfaction, on continuera à manifester. Pas toutes les semaines, parce qu’on n’est pas là pour ennuyer les gens, mais on montrera qu’on est présent. » La date du 26 octobre est déjà arrêtée, un mois après le sinistre. Une réunion publique est également prévue le 17 octobre 2019 à 19 heures à la Halle aux Toiles à Rouen.

La préfète de la Somme Muriel Nguyen a affirmé dans un communiqué «entendre et comprendre la colère et les demandes des exploitants agricoles» et assuré avoir «obtenu que l’Anses se réunisse (ce samedi) pour voir comment répondre au plus vite à la détresse des agriculteurs».

L’idée sera de recueillir les témoignages et d’entendre les avis des experts sur Lubrizol, sur le même modèle que la réunion organisée samedi matin avant la manifestation, sous l’égide de l’association Rouen respire à la halle aux Toiles. Pendant plus de deux heures, les habitants ont partagé leurs craintes et entendu les avis de différents spécialistes. « On veut de la donnée, du factuel pour savoir quel air on a respiré, quel air on respire et quel air on respira demain », a souligné Aurélie Liebmann, une des fondatrice de Rouen respire face aux 400 personnes présentes.

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Une vingtaine d’agriculteurs ont déversé samedi environ 15.000 litres de lait près de la préfecture de la Somme à Amiens pour protester contre la consignation de leurs produits depuis l’incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen.

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L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage,  une des premières personnalités à saisir la justice, était elle aussi présente à cette réunion. Elle a souligné le côté exemplaire de cet incident avec une prévention qui n’a « probablement pas été à la hauteur. » « Quand, je ne sais pas, mais je suis sûre que nous gagnerons », a-t-elle assuré.