Incendie à lusine Lubrizol à Rouen : “Sur linformation, nous travaillons avec des outils datés”, estime le préfet – France Bleu

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EN IMAGES. Une nouvelle manifestation à Rouen pour demander “la vérité” sur Lubrizol

Environ 1400 personnes ont défilé dans les rues de Rouen (Seine-Maritime), samedi 12 octobre 2019, pour « demander la vérité » à Lubrizol. Après un départ confus devant le palais de Justice où les manifestants se mêlaient aux badauds de la Fête du ventre, le cortège s’est élancé dans la rue Jeanne-d’Arc pour un tour en centre-ville, avec un passage par l’hôtel de Ville et la place Saint-Marc avant de rejoindre le théâtre des Arts. Une partie du groupe, peu en phase avec la CGT s’est ensuite dirigé seul vers la préfecture avant de se disperser en centre-ville.

 La réunion de la veille en préfecture avec les ministres Agnès Buzyn, Elisabeth Borne et Didier Guillaume est loin d’avoir restauré la confiance en l’État et ses autorités. « Lubrizol coupable, État complice » scandaient entre autres slogans les manifestants. Nombreux demandaient encore des comptes après l’incendie qui a touché le site classé Seveso.

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Sylvain, simple citoyen, dresse un constat partagé par beaucoup : « La communication des autorités n’a pas été bonne ». Il était important d’être présent pour lui afin de dénoncer la « légèreté » avec laquelle est traitée cette affaire. « L’usine Lubrizol, ça fait le 4e ou 5e incident, et la dernière fois, ils se sont pris 4000 euros d’amende, rappelle-t-il. On aimerait bien que cette fois, ce ne soit pas nous qui payions les dégâts, mais celui qui pollue. »

« On n’a toujours ni vérité, ni transparence », estime Jean-Noël Guyader, l’un des membres du collectif Lubrizol. La veille, il s’était présenté avec un petit comité de trois personnes à la réunion avec les ministres. « Le collectif n’était pas sur la liste, personne ne nous a laissé entrer, parce que l’on n’est pas une association. On est en train de se constituer comme tel, pour que ça n’arrive plus, mais je trouve ça inadmissible qu’on empêche les citoyens d’avoir droit à l’information. »

Le rétropédalage sur la levée des mesures conservatoires aux agriculteurs a aussi renforcé ses doutes. Plus loin derrière lui, Philippé est venu avec une cagette de légumes de son jardin. Il n’habite pas là où est passé le panache de fumée, mais à Sotteville-lès-Rouen. « J’essaie de faire prendre conscience aux gens qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur le périmètre du nuage, souligne-t-il. J’ai eu aussi les odeurs chez moi, de la pollution. L’état essaie de délimiter une zone pour minimiser la situation. Il faut qu’elle soit reconnue comme une catastrophe. »

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« On ne lâchera pas, prévient Jean-Noël Guyader. Tant qu’on n’aura pas obtenu satisfaction, on continuera à manifester. Pas toutes les semaines, parce qu’on n’est pas là pour ennuyer les gens, mais on montrera qu’on est présent. » La date du 26 octobre est déjà arrêtée, un mois après le sinistre. Une réunion publique est également prévue le 17 octobre 2019, à 19 heures, à la Halle aux Toiles à Rouen.

L’idée sera de recueillir les témoignages et d’entendre les avis des experts sur Lubrizol, sur le même modèle que la réunion organisée samedi matin avant la manifestation, sous l’égide de l’association Rouen respire à la halle aux Toiles. Pendant plus de deux heures, les habitants ont partagé leurs craintes et entendu les avis de différents spécialistes. « On veut de la donnée, du factuel pour savoir quel air on a respiré, quel air on respire et quel air on respira demain », a souligné Aurélie Liebmann, une des fondatrices de Rouen respire face aux 400 personnes présentes.

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L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, une des premières personnalités à avoir saisi la justice, était elle aussi présente à cette réunion. Elle a souligné le côté exemplaire de cet incident avec une prévention qui n’a « probablement pas été à la hauteur. » « Quand, je ne sais pas, mais je suis sûre que nous gagnerons », a-t-elle assuré.

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Messenger LinkedIn Email Syndicats, agriculteurs, Gilets jaunes, anonymes,… ils étaient un millier selon la police à manifester ce samedi devant le palais de justice de la préfecture de Seine-Maritime pour demander moins dopacité sur les suites sanitaires de lincendie ayant eu lieu dans une entreprise Seveso de la ville.

Un peu plus dun millier de manifestants, selon la police, défilait samedi après-midi à Rouen pour réclamer la  vérité  sur les conséquences de lincendie de lusine chimique Lubrizol le 26 septembre, a constaté un journaliste de lAFP.

Les protestataires scandaient :  Lubrizol coupable, État complice ,  On veut la vérité, Lubrizol doit payer !  ou encore  Nos gamins en danger, le préfet doit payer .

Dans la manifestation, partie à 15 h du palais de justice, plusieurs drapeaux de la CGT, de Sud, de Greenpeace ou du NPA étaient visibles.

 Contrairement à ce que dit lÉtat, il y aura des conséquences sanitaires , a estimé Mathilde, 35 ans, qui habite à Longuerue, au nord-est de Rouen, où est passé le nuage de fumée.

Michel, 67 ans, ancien cheminot, a dit souhaiter que  les règles de sécurité soient enfin appliquées et que lÉtat contrôle les industriels . Il a expliqué manifester  pour avoir la clarté sur les conséquences sanitaires de cette catastrophe , alors quil a dû jeter tous les légumes de son jardin potager.

Il sagit de la troisième manifestation organisée dans la ville normande après le gigantesque incendie, le 26 septembre, de cette usine classée Seveso seuil haut.

Dans son appel à manifester, la CGT exhortait les habitants à  construire une mobilisation dampleur sur la durée pour obtenir la vérité, tous les suivis médicaux et les prises en charge nécessaires .

Vendredi soir, une trentaine dagriculteurs, à lappel de la FNSEA, ont déversé du lait devant la préfecture de Seine-Maritime à Rouen pour protester contre la consignation de leur produit.