VIDÉO. Incendie de lusine Lubrizol à Rouen : récit dune catastrophe – Ouest-France éditions locales

VIDÉO. Incendie de lusine Lubrizol à Rouen : récit dune catastrophe - Ouest-France éditions locales

Incendie à Rouen. Ce quil faut retenir de laudition du préfet au conseil régional

Actualité oblige : si les orientations budgétaires de 2020 et la nouvelle gamme tarifaire des trains devaient constituer l’essentiel des débats de la séance plénière des élus de la Région, lundi 14 octobre 2019, la catastrophe industrielle qui a ébranlé Rouen (Seine-Maritime) et son territoire jeudi 26 septembre 2019 devrait finalement être le sujet principal de l’assemblée. Audition du préfet et décision d’une ligne de crédit supplémentaire de cinq millions d’euros pour venir en aide aux personnes touchées sur le plan économique se sont donc ajoutées à l’ordre du jour.

Lire aussi : Le Sénat vote la création d’une commission d’enquête après l’incendie de Lubrizol à Rouen

Le ministère de lagriculture indique donc dans son communiqué : “Le lait et les produits laitiers initialement bloqués, dans les départements sous arrêté préfectoral et dans les autres zones où les produits ont pu être expédiés (laits transformés entre la date dincendie et la prise des arrêtés préfectoraux), peuvent être mis sur le marché dès lentrée en application des arrêtés de levée partielle des mesures. La reprise de production peut sopérer sans délais à la date dapplication des nouveaux arrêtés préfectoraux. En parallèle, le plan de surveillance va être réorienté tel que proposé par lAnses, afin dassurer désormais une surveillance au long cours, venant compléter les plans de surveillance et de contrôle dores et déjà existant au niveau national. Cette surveillance permettra de vérifier si ces résultats favorables se maintiennent dans le temps”.

Une cellule de crise créée, la promesse d’une aide de l’État : les agriculteurs en Seine-Maritime touchés de plein fouet par les conséquences de l’incendie de Lubrizol, jeudi 26 septembre 2019 sont aussi dubitatifs que le président de Région Normandie, Hervé Morin quant à la capacité du Gouvernement à aider et au plus vite.

“La levée des mesures de restriction sur le lait et les produits laitiers est possible. Les préfets des cinq départements de Seine-Maritime, de lOise, de la Somme, du Nord et de lAisne, en lien avec les services de lEtat, vont abroger partiellement les arrêtés préfectoraux pris pour protéger les consommateurs des conséquences possibles de lincendie de lusine Lubrizol à Rouen le 26 septembre dernier”, confirme le ministère de lAgriculture dans un communiqué daté du lundi 14 octobre 2019. Ce qua fait Pierre-André Durand, préfet de la Seine-Maritime, dans la foulée de la décision ministérielle.

En amont de la séance plénière du lundi 14 octobre, ce dernier a donc annoncé lors d’une conférence de presse :

Pour lAnses, “une levée des mesures de restrictions de la commercialisation du lait doit saccompagner dun dispositif de surveillance renforcée, qui tienne compte du mode dhébergement et dalimentation des animaux et permette une détection précoce de contaminations du lait, que ce soit via le sol de pâtures ou par le biais de labreuvement ou daliments locaux susceptibles davoir été exposés”.

S’il y a des trous dans la raquette, on sera là… Nous allons donc opter pour une ligne de crédit supplémentaire de cinq millions d’euros qui vise à aider au plus vite les exploitants touchés par cette catastrophe. 

La collecte de lait va pouvoir reprendre normalement dans les exploitations des 122 communes concernées par larrêté consignant la production laitière après lincendie de Lubrizol le 26 septembre 2019 à Rouen et le passage dun panache de fumées noires. Cette décision saccompagne du retour à la commercialisation du lait et des vaches dans les herbages.

Le président de région #Normandie @Herve_Morin2012 a annoncé lors d’une conférence de presse la mise en place d’une ligne de crédit supplémentaire de 5 millions d’€ pour les entreprises et/ou agriculteurs touchés par l’incendie de #Lubrizol @76actu

Une avance et rien d’autre… « On sait bien que les aides de l’État peuvent être longues à aboutir ; c’est pour ça que nous allons débloquer cet argent, mais il s’agit bien d’une avance sur des éventuels retards de l’État. Si les aides arrivent à temps, alors tant mieux… » Et si la Région entend mettre la main à la poche, elle explique également : « Nous demanderons à être remboursés par l’État ou Lubrizol, on ne fait que le relais pour aider les exploitants de la Région, qu’ils soient maraîchers ou dans l’agroalimentaire, car on entend beaucoup le Ministre sur les laitiers mais il n’y a pas qu’eux de touchés… » 

Il en ressort que “lAnses a examiné les résultats des 130 prélèvements de lait (lait, lait cru, lait entier, mélange de laits de tank, principalement dorigine bovine et pour partie dorigine caprine) réalisés sur une période entre trois et onze jours après lincendie, soit du 29 septembre au 7 octobre 2019”.

Le dispositif de demande d’aide sera acté en commission permanente d’ici quelques semaines, « puis des demandes en ligne pourront être faites pour que les dossiers soient traités en novembre ou décembre. » Le dispositif sera d’ailleurs ouvert jusqu’en décembre.

Selon lAgence, ces prélèvements étudiés “ne montrent pas de dépassement des teneurs maximales réglementaires (à lexception dune valeur atypique et isolée pour le plomb) et leurs valeurs médianes se situent en dessous de 20 % de ces teneurs maximales”.

« Il y a eu des dysfonctionnements c’est vrai, mais… » Sur la gestion de la catastrophe industrielle ouvertement critiquée ces jours derniers, Hervé Morin a expliqué : « Si je voulais faire de la politique sur le sujet, il me suffirait comme d’autres le font, de jeter toute la responsabilité sur le préfet. Je ne le ferai pas. Sur le déclenchement de l’alerte par exemple, je rejoins tout à fait son avis. il y a eu des dysfonctionnements, c’est vrai, mais ce que cette catastrophe a montré, c’est surtout que notre pays n’est absolument pas préparé à ce genre de catastrophe. » 

Peu de temps avant, lAnses (Agence nationale de sécurité sanitaire de lalimentation, de lenvironnement et du travail) avait rendu public les résultats des analyses réalisés après lincendie de Lubrizol.

Hervé Morin a de plus estimé : « Il est encore trop tôt pour mesurer tout l’impact économique de cette catastrophe pour Rouen. » Et de suggérer : 

Je pense que rapidement; je vais rencontre le président de la Métropole et le maire de Rouen. Si on peut pousser l’attractivité de la ville au moment des fêtes de Noël pour chercher à retrouver de l’optimisme et booster le commerce, évidemment on le fera. 

Les services de la Région vont se mettre en lien avec ceux de Toulouse prochainement : « Je pense qu’ils peuvent nous aider à rebâtir cette attractivité en nous disant comment, eux, ont géré l’après AZF. » 

Lire aussi : Incendie chez Lubrizol : sur les quais de Rouen, restaurateurs et commerçants à la peine

Messenger LinkedIn Email Gestion de la catastrophe, communication, conséquences sanitaires et économiques… Le préfet de Seine-Maritime était face au conseil régional ce lundi matin pour évoquer lincendie de lusine Lubrizol à Rouen.

On vous dit il y a un cocktail de 100, 200 produits qui a brûlé. Pour linstant, il est impossible den connaître les conséquences. Face à une situation aussi grave, nous insistons pour la mise en place du suivi sanitaire et épidémiologique sur le long terme. Nous ne pouvons