Incendie de lusine Lubrizol à Rouen: Les premières indemnisations attendues à partir du 18 novembre – 20 Minutes

Incendie de l\usine Lubrizol à Rouen: Les premières indemnisations attendues à partir du 18 novembre - 20 Minutes

Chez Triadis, la vie chaotique après lincendie de Lubrizol à Rouen

Les premières indemnisations versées aux agriculteurs, entreprises ou collectivités locales touchées par les conséquences de lincendie de Lubrizol à Rouen pourraient intervenir dans une dizaine de jours, a indiqué mercredi le préfet de Seine-Maritime.

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Messenger LinkedIn Email  Nous pourrions avoir à partir du 18 novembre les premiers paiements effectués , a déclaré Pierre-André Durand, lors dune conférence de presse consacrée au dossier Lubrizol ce mercredi 6 novembre.

Incendie de lusine Lubrizol à Rouen : Le feu nest pas parti de chez nous , répète Normandie Logistique

Le préfet a rappelé que la société Lubrizol  sétait engagée à indemniser les dégâts économiques auprès des entreprises et des collectivités locales, avec un fonds dédié, et dautre part, auprès des agriculteurs, avec un autre fonds dédié .

Le second fonds est destiné aux entreprises et aux collectivités locales. Certaines institutions, comme des mairies, avaient dû faire travailler des employés pour des opérations de nettoyage à la suite de la pollution tandis que des commerçants, des entreprises ou des artisans ont pu également être touchés par des pertes dexploitation.

Le 26 septembre, le gigantesque incendie de lusine chimique Seveso, qui na pas fait de victime, avait provoqué un énorme nuage de pollution. La commercialisation de lensemble des productions agricoles situées dans une large zone couvrant cinq départements et 216 communes avait été suspendue jusquà la mi-octobre, ce qui avait concerné un peu plus de 3 000 agriculteurs.

Lalarme incendie chez Normandie Logistique sest déclenchée seulement quelques secondes après lalarme des fumées, ce qui implique  quelque chose de violent  et  incompatible avec ce que lon stocke chez nous , a assuré Sylvain Schmitt. Normandie Logistique était sur le point de céder son site de Rouen à Lubrizol dont elle hébergeait une partie des stocks.  Nous devions nous revoir en octobre pour finaliser lacquisition , a expliqué Sylvain Schmitt.  Lubrizol souhaitait avoir une extension pour des produits dangereux qui auraient été stockés sur nos terrains en cas dacquisition , a-t-il détaillé.

Lubrizol : les premières indemnisations devraient être versées à partir du 18 novembre

Certaines collectivités locales, comme des mairies, avaient dû faire travailler des employés pour des opérations de nettoyage à la suite de la pollution tandis que des commerçants, des entreprises ou des artisans ont pu également être touchés par des pertes dexploitation. Depuis lundi, ces derniers peuvent déposer des dossiers sur internet.  Il sagit dindemniser les dommages réels et étayés , a ajouté le préfet, précisant que linstruction des dossiers serait fait par un prestataire spécialisé.

Lorigine de lincendie et son point de départ nont pu encore être déterminés, et lenquête est toujours en cours. Le PDG du groupe chimique américain Lubrizol Corporation, Éric Schnur, a également estimé que le feu nétait pas parti de son usine de Rouen.  La probabilité est beaucoup plus forte que ça ait démarré chez eux et pas chez nous , a considéré Sylvain Schmitt, président de Normandie Logistique.  Mais comme la scène est ravagée, ça sera très compliqué  à démontrer, a-t-il estimé.

Lubrizol. La Région Normandie aide douze premiers agriculteurs

Le 25 octobre, devant la presse, le président de Lubrizol en France, Frédéric Henry, avait assuré que le groupe  donnera [it] ce quil faut en fonction des dossiers que nous recevrons .Par ailleurs, concernant la sécurisation du site de Lubrizol, le préfet a assuré  que lenlèvement des fûts se poursuit à un bon rythme .

JULIEN PAQUIN POUR  LE MONDE Chez Triadis, la vie chaotique après lincendie de Lubrizol à Rouen Par Patricia Jolly Publié hier à 11h17, mis à jour à 10h25

Il ny a pas eu de victimes directes, mais les conséquences environnementales se sont accompagnées de malus économiques sur la production agricole: sa commercialisation avait été suspendue jusquà la mi-octobre dans cinq départements et 216 communes. Soit 3000 agriculteurs affectés.

ReportageLe site de traitement de déchets dangereux, où flotte toujours une entêtante odeur, na pas repris son activité depuis lincendie.

Sur le site de lentreprise Triadis, à Rouen, flotte toujours une entêtante odeur que les brumisateurs géants dont la préfecture a ordonné linstallation, mi-octobre, peinent à dissiper. Depuis vingt-trois ans, cette plate-forme de tri et de gestion de déchets industriels dangereux, filiale du groupe Séché Environnement et classée Seveso seuil bas, traitait bidons, palettes, pots de peinture et emballages industriels souillés. Jusquau gigantesque incendie des entreprises voisines, Lubrizol et Normandie Logistique, qui a réduit en fumée 9 505 tonnes de produits chimiques, aux petites heures du matin, jeudi 26 septembre.

Cest la société Lubrizol elle-même qui sest engagée à financer ces compensations. Un fonds spécial est créé pour les agriculteurs, qui ont particulièrement souffert du nuage de pollution qui est apparu lors de lincendie du 26 septembre.

 Chez nos voisins, cest un champ de bataille , prévient René Donat en se dirigeant vers le vestiaire réservé à la cinquantaine demployés de Triadis, où il travaille depuis août 1997 et dont il a gravi les échelons jusquau poste de responsable de laboratoire et référent qualité-santé-sécurité-environnement (QSSE).

Messenger LinkedIn Email La Région Normandie avait annoncé le 14 octobre 2019 un fonds de soutien pour les agriculteurs impactés par les conséquences de lincendie de lusine Lubrizol. Nous allons débloquer une ligne de crédit de 5 millions deuros, avait expliqué Hervé Morin, le président de la Région. LÉtat a promis des aides mais nous savons quelles sont généralement longues à venir. Notre aide permettra de combler déventuels retards de lÉtat. Pour les agriculteurs, il sagira davances de trésorerie. Le Région se tournera ensuite vers lÉtat ou lentreprise Lubrizol pour récupérer les avances qu[elle] aura données .

A gauche, le mur qui sépare lusine Lubrizol et Triadis sest partiellement effondré. JULIEN PAQUIN POUR  LE MONDE Lire aussi  Si vous êtes près dun site Seveso, fuyez !  : le message du patron de Normandie Logistique après lincendie à Rouen Depuis cette pièce située au troisième étage, par-delà un mur partiellement détruit qui a miraculeusement fait rempart aux flammes et à la coulée dhydrocarbures, surgit une mer de ferrailles calcinées. Quand le feu sest déclenché, Jérôme Ménard, 37 ans, chef de quart de la plate-forme, qui fonctionne sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, était aux premières loges. Cétait peu avant 3 heures du matin et sa réactivité a contribué à contenir l effet domino  tant redouté par les pompiers.

 Lombre [que les enquêteurs ont brièvement soupçonnée dêtre celle dun incendiaire] sur les vidéosurveillances, cest moi, sourit-il. Dès que jai aperçu les flammes qui gagnaient du terrain vers notre incinérateur, je lai éteint, puis jai couru fermer la vanne darrivée du gaz qui sert à lalimenter et qui longe le mur mitoyen entre Triadis et Normandie Logistique pour éviter le suraccident. 

Ouvert jusquau 10 décembre 2019, ce dispositif consiste en une avance remboursable plafonnée à 10 000 € par exploitation concernée par les retombées de suies consécutives à un panache de fumée .

Jérôme Ménard, qui a donné lalerte aux pompiers la nuit de lincendie, chez lui, le 7 octobre. JULIEN PAQUIN POUR  LE MONDE  Le pire a été évité  De ce sinistre dont lorigine demeure inconnue, Yann Hauchecorne, directeur adjoint des opérations industrielles chez Triadis, dit que  le pire a été évité . Mais laccident a modifié la donne.  Comme notre site avait été préservé, nous avons invité les inspecteurs des directions régionales de lenvironnement et des entreprises à venir constater que nos installations étaient conformes et que nous étions en mesure de reprendre notre activité sous quinzaine, explique M. Hauchecorne. Mais, une fois sur place, nous avons constaté que le toit en fibrociment de lentrepôt de Normandie Logistique, en brûlant, avait répandu des fragments damiante partout chez nous.