À lhôpital psychiatrique de Rouen, des conditions daccueil indignes et dangereuses – Journal La Croix

À lhôpital psychiatrique de Rouen, des conditions daccueil  indignes  et dangereuses - Journal La Croix

Psychiatrie : le Centre hospistalier du Rouvray visé par une procédure durgence

SANTÉ – Des “dysfonctionnements graves” et des conditions d’accueil “indignes”, concernant notamment des enfants, ont été constatés à l’hôpital psychiatrique de la métropole de Rouen, a annoncé ce mardi 26 novembre le contrôleur général des lieux de privations de liberté (CGLPL) qui a lancé une procédure d’urgence.

“Des incidents graves sont rapportés au sein des unités d’hospitalisation pour adultes, dont des adolescents seraient victimes, constitués de propos et gestes violents de la part de patients adultes, parfois de nature sexuelle, parfois relatifs à la consommation de produits stupéfiants”, relève le CGLPL Adeline Hazan dans un communiqué qui fait suite à une visite des lieux du 7 au 18 octobre.

Dans cet hôpital dit du Rouvray et situé à Sotteville-lès-Rouen, “les mineurs de plus de seize ans, mais parfois des enfants dès douze ans, sont hospitalisés de façon (…) attentatoire à leurs droits dans les unités pour adultes”, souligne le contrôleur.

“C’est rarissime que le contrôleur émette des recommandations d’urgence pour un hôpital”, a réagi Claire Prévost du syndicat Sud du Rouvray, interrogée par un correspondant de l’AFP.

En mars 2018 Adeline Hazan en avait annoncées pour la psychiatrie du CHU de Saint-Étienne (294 lits), après y avoir dénoncé des “conditions indignes” d’accueil. Mais le tableau dressé au Rouvray (475 lits, hors locaux pour patients détenus) est encore plus sombre.

Pourtant, en juin 2018, après deux mois de conflit social, dont deux semaines de grève de la faim menée par huit soignants, le personnel hospitalier avait obtenu la création de trente postes, une première dans un contexte de réduction constante de postes et de lits dans les hôpitaux psychiatriques français. Un infirmier de lhôpital, joint par téléphone, explique : Un an et demi après la grève, la situation est encore plus grave. Des postes ont été créés mais les départs naturels ne sont pas remplacés. Le compte ny est pas. Il y a deux fois plus dabsentéisme quavant la grève. Les conditions de travail sont trop dures, cest devenu tellement insupportable que les gens ne viennent plus bosser. Je ramasse certains collègues à la petite cuillère. Il y a deux camps : ceux qui sont très en colère et ceux qui sont abattus.

A lhôpital psychiatrique du Rouvray, rien na vraiment changé

Le haut fonctionnaire y constate également des “conditions d’hébergement dégradées et aggravées par la suroccupation des unités” avec des locaux qui “présentent des niveaux d’indignité variés”.

Un nouveau directeur a été nommé par le ministère de la Santé en janvier. Cest très tendu, avec ce nouveau directeur, poursuit linfirmier. Il y a une volonté constante de jouer la montre. Quelles que soient nos revendications, il nous répond : “Jai pas le budget”. On demande des mesures durgence pour la création dune unité ado. On nous répond : “Pas avant novembre 2020”. On fait des réunions une fois par semaine et rien navance. Cest désespérant. Que disent les médecins ? Ils sont pas trop là, les médecins… Il y a une hémorragie de médecins. Ils se tirent ailleurs pour fuir cet endroit. Linfirmier ajoute : On est tous logés à la même enseigne. Au Rouvray, le directeur nous dit : “Vous êtes parmi les mieux lotis”. 

Parmi la très longue liste d’exemples l’illustrant, “des chambres de 8 m2 dans une unité sont particulièrement exigües. Sauf rares exceptions, les portes des chambres sont percées d’un large fenestron portant atteinte à l’intimité des patients lesquels, en revanche, ne disposent d’aucun moyen pour faire appel au personnel soignant”, précise le contrôleur.

Que sest-il passé au centre hospitalier du Rouvray (Seine-Maritime) entre juin 2018 et aujourdhui ? Après deux mois de conflit, dont deux semaines de grève de la faim menée par huit soignants, le personnel hospitalier avait alors obtenu la création de trente postes. Une victoire dans un contexte budgétaire en baisse constante. A la suite dune visite effectuée en octobre 2019, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a lancé une procédure durgence, pointant des dysfonctionnements graves portant atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des patients : Les locaux dhospitalisation […] présentent des niveaux dindignité variés, écrit Adeline Hazan.

“La présence de seaux hygiéniques a été constatée dans des chambres d’hospitalisation à l’occasion de “temps calmes” imposés au patient (…). Les lunettes sont majoritairement absentes des cuvettes de w.c.” parfois collectifs, ajoute le haut fonctionnaire.

Le contrôleur a également relevé des atteintes à la liberté daller et venir de lensemble des patients, se répercutant sur la qualité des soins , des mesures disolement […] portant gravement atteinte à la dignité humaine . Tous ces problèmes sont susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant au sens de larticle 3 de la Convention européenne des droits de lhomme , précise le CGLPL.

Seine-Maritime : le contrôleur des prisons dénonce des “dysfonctionnements importants” à lhôpital psychiatrique de Rouen

Avec la suroccupation des unités (101,3 % en moyenne en 2018, 107,7 % le 3 octobre 2019) “il n’est pas rare qu’un lit soit installé dans un bureau ou dans le salon de visites des familles, ou qu’un patient soit maintenu en chambre d’isolement”, poursuit-il.

Cette visite sinscrit dans une période de crise sociale durable, dont le paroxysme sest situé en juin 2018, et qui, malgré la signature dun protocole accordant trente postes de soignants supplémentaires, a ressurgi en septembre 2019, rappelle Adeline Hazan. En 2018, huit salariés de cet établissement avaient suivi une grève de la faim afin de dénoncer un manque deffectif préjudiciable aux patients.

Le contrôleur a également relevé “des atteintes à la liberté d’aller et venir de l’ensemble des patients, se répercutant sur la qualité des soins”, “des mesures d’isolement (…) portant gravement atteinte à la dignité humaine”.

Parmi la très longue liste dexemple lillustrant, des chambres de 8 m2 dans une unité sont particulièrement exiguës. Sauf rares exceptions, les portes des chambres sont percées dun large fenestron portant atteinte à lintimité des patients lesquels, en revanche, ne disposent daucun moyen pour faire appel au personnel soignant , précise le contrôleur.

Tous ces problèmes sont “susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme”, précise le CGLPL.

La direction de l’hôpital a promis mardi dans un communiqué de “présenter les premières mesures d’urgence aux instances de l’établissement en décembre”. “Dans le dernier plan d’urgence pour l’hôpital, rien ne concerne la psychiatrie”, a commenté Jean-Yves Herment, délégué CFDT du Rouvray lors d’une conférence de presse mardi.

Selon l’ARS, le Rouvray est le troisième hôpital psychiatrique de France en nombre de patients. Selon la CFDT, l’hôpital emploie 2000 agents, dont 1380 soignants.

La présence de seaux hygiéniques a été constatée dans des chambres dhospitalisation à loccasion de “temps calmes” imposés au patient […]. Les lunettes sont majoritairement absentes des cuvettes de WC parfois collectifs, ajoute le haut fonctionnaire. Avec la suroccupation des unités (101,3 % en moyenne en 2018, 107,7 % le 3 octobre 2019) il nest pas rare quun lit soit installé dans un bureau ou dans le salon de visites des familles, ou quun patient soit maintenu en chambre disolement, poursuit-il.

En 2018, huit salariés de cet établissement avaient suivi une grève de la faim afin de dénoncer un manque d’effectif préjudiciable aux patients. L’hôpital est à nouveau en grève depuis le 19 septembre.

Dans cet hôpital dit du Rouvray et situé à Sotteville-les-Rouen, les mineurs de plus de seize ans, mais parfois des enfants dès douze ans, sont hospitalisés de façon […] attentatoire à leurs droits dans les unités pour adultes, souligne le contrôleur. Le haut fonctionnaire décrit en outre des conditions dhébergement dégradées et aggravées par la suroccupation des unités avec des locaux qui présentent des niveaux dindignité variés dans cet hôpital de 475 lits, hors locaux pour patients détenus.

"Nos patients, on les accueille dans des conditions indignes pour un pays qui se dit le pays des droits de lHomme."La colère de Bruno, lun des 7 employés de lHôpital psychiatrique du Rouvray en grève de la faim depuis 10 jours. pic.twitter.com/RnQc0RIFEe

Le contrôleur a également relevé des atteintes à la liberté daller et venir de lensemble des patients, se répercutant sur la qualité des soins, des mesures disolement […] portant gravement atteinte à la dignité humaine. Tous ces problèmes sont susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant au sens de larticle 3 de la Convention européenne des droits de lhomme, précise le CGLPL.

Pour une psychiatrie “plus humaine”: les médecins, infirmiers et patients dans la rue

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète T'as vu ? Fake Off By the Web High-Tech Podcast Vidéos En Images Voyage Guide d'achat Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Santé Des  dysfonctionnements importants  à lhôpital psychiatrique de Rouen

SCANDALE Des mineurs seraient hospitalisés avec des adultes et enfermés dans des chambres disolement, ce que déplore le Contrôleur général des lieux de privation de liberté

Des  dysfonctionnements importants impactant fortement la dignité (…) des patients  ont été constatés à lhôpitalpsychiatrique de Rouen ( Seine-Maritime) par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), a indiqué ce lundi la direction de lhôpital annonçant une  procédure durgence . Ces dysfonctionnements impactent fortement  les droits fondamentaux des patients concernant les mesures disolement en particulier , précise lhôpital dans un communiqué.

Les problèmes relevés par le contrôleur des prisons sont "susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant". Des adolescents, certains âgés de seulement douze ans, hospitalisés dans des unités pour adultes, des propos et des gestes violents, parfois de nature sexuelle, consommation de stupéfiants, suroccupation… Le contrôleur général des lieux de privations de liberté (CGLPL), a lancé mardi 26 novembre une procédure durgence et a dénoncé des "dysfonctionnements graves" et des conditions daccueil "indignes" à lhôpital psychiatrique de la métropole de Rouen. "Des incidents graves sont rapportés au sein des unités dhospitalisation pour adultes, dont des adolescents seraient victimes, constitués de propos et gestes violents de la part de patients adultes, parfois de nature sexuelle, parfois relatifs à la consommation de produits stupéfiants", relève le CGLPL Adeline Hazan dans un communiqué qui fait suite à une visite des lieux du 7 au 18 octobre. Dans cet hôpital dit du Rouvray et situé à Sotteville-les-Rouen, "les mineurs de plus de seize ans, mais parfois des enfants dès douze ans, sont hospitalisés de façon (…) attentatoire à leurs droits dans les unités pour adultes", souligne le contrôleur. Le haut fonctionnaire décrit en outre des "conditions dhébergement dégradées et aggravées par la suroccupation des unités" avec des locaux qui "présentent des niveaux dindignité variés" dans cet hôpital de 475 lits, hors locaux pour patients détenus.

Le CGLPL déplore que  des enfants  soient  hospitalisés avec des adultes et parfois enfermés dans des chambres disolement , précise lhôpital dans un second communiqué citant le Contrôleur.  Les patients mineurs ne doivent pas être accueillis avec des adultes , souligne-t-il.  Le recours  à lisolement  doit être évité par tout moyen ; il doit être totalement exclu dans les unités recevant des enfants de moins de treize ans , ajoute le Contrôleur.

“Je ne suis plus infirmier. Je ne fais pas du soin, je fais de la maltraitance.”Des infirmiers de lhôpital psychiatrique de Rouen sont en grève de la faim depuis 10 jours pour demander plus de moyens. @hugoclement et Clément Brelet sont allés les rencontrer pic.twitter.com/0p6KlZOsWR

Selon le communiqué, le CGPLP pointe en outre  des conditions dhébergement dégradées et aggravées par la suroccupation des unités . Il déplore  des atteintes à la liberté daller et venir de lensemble des patients se répercutant sur la qualité des soins. 

Autre  point majeur , le CGLPL a  mis en évidence   une inégalité de traitement et une inégalité daccès aux soins , entre les patients dans cet hôpital, selon le communiqué intitulé  crise inédite au CHR . En 2018, huit salariés de cet établissement avaient suivi une grève de la faim très médiatisée afin de dénoncer un manque deffectif au détriment des patients.