Saint-Denis : des brigades pour assurer la sécurité des lycées – France 3 Régions

Saint-Denis : des brigades pour assurer la sécurité des lycées - France 3 Régions

La peur doit changer de camp… Des brigades de sécurité dans les lycées dIle-de-France

Cétait une promesse de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région. Des brigades de sécurité sont déployées à Saint-Denis, Chennevière et Argenteuil. Ces derniers mois les incidents à lintérieur et autour de plusieurs établissements scolaires de la région se sont multipliés. 

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Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a dévoilé ce lundi 15 avril dans un lycée de Seine-Saint-Denis les premières brigades de sécurité dans les lycées. Leur création est liée aux divers agressions denseignants qui ont eu lieu ces derniers mois. Il sagit dune équipe mobile de 15 agents, non armés, divisés en 3 groupes de 5. Leurs bureaux sont basés dans 3 établissements : le lycée Bartholdi à Saint-Denis, où des jeunes avaient agressé les élèves et le personnel enseignant avec des bombes lacrymogènes ; le lycée Samuel-de-Champlain à Chennevières-sur-Marne ainsi que le lycée Jean-Jaurès à Argenteuil. 

EDUCATION La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a présenté ce lundi matin au lycée Frédéric-Bartholdi de Saint-Denis, les premières brigades de sécurité dans les lycées, dans une ambiance houleuse

Ile-de-France : la brigade de sécurité fait sa rentrée au lycée

Un déplacement mouvementé. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a présenté ce lundi matin au lycée Frédéric-Bartholdi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les premières brigades de sécurité dans les lycées. Uniforme bleu nuit, gants en cuir à la ceinture, chaussures de sécurité, écussons  Région Ile-de-France … Ces agents  formés à la médiation en milieu scolaire  ont pour mission de  sécuriser létablissement et ramener la paix , résume dans une salle de classe, Valérie Pécresse.

Ces agents peuvent intervenir dans les lycées, à la demande des proviseurs. Leur mission est de “remettre de lordre” “là où il y a des urgences”, avait expliqué sur RTL Valérie Pécresse. 

Depuis une semaine, des équipes de cinq personnes sont déployées dans trois établissements franciliens mais rayonneront sur un territoire précis. Ils viennent renforcer les équipes mobiles de sécurité (EMS) mises en place par lEducation nationale dans les rectorats depuis 2009.  Ce nétait pas suffisant , estime la présidente de la région. Ce dispositif est censé répondre aux incidents survenus dans plusieurs établissements scolaires ces derniers mois. Dernier en date : Jeudi, un adolescent de 15 ans a agressé avec un pistolet à billes une enseignante dun collège. Mais la réponse  sécuritaire  de Valérie Pécresse est très loin de faire lunanimité.

Devant les grilles peu avant 9 heures, les enseignants sinsurgent.  On a découvert ces agents lundi dernier. Notre première réaction a été : qui sont ces personnes en uniforme qui ressemblent à des forces de lordre ? , expose une professeure de français et dhistoire-géo.  Il ny a eu aucune concertation et surtout ce nest pas cela dont on a besoin. Ici, par exemple, nous navons quune assistante sociale pour 800 élèves , ajoute-t-elle.  Cette présence est rassurante mais inquiète aussi , concède une élève, avant de rentrer dans létablissement.

 Nous navons pas assez de chaises, peu de matériels de vidéo-projection, les enseignants malades ne sont pas remplacés. Donc ces agents qui sont dans des tenus qui rappellent fâcheusement et violemment celles des forces de lordre, ce nest pas la priorité , déplore une autre enseignante, qui travaille depuis 19 ans à Frédéric Bartholdi. Déterminés, certains profs se sont même regroupés pour faire part de leurs critiques à la présidente de la région, entourée de la brigade.  Cest gênant, cest déstabilisant , réagit une enseignante.

 Nous ne sommes pas dans une situation où nous sommes agressés par nos élèves, qui ne sont pas des délinquants. Nous sommes là pour enseigner, faire de la pédagogie, nous ne sommes pas là pour montrer des uniformes et traiter nos élèves comme des voyous , explose un enseignant face à Valérie Pécresse.  Je travaille ici depuis 15 ans, je sais que ce quil nous faut ce nest pas de provoquer avec du bleu, des uniformes, des vigiles. On demande du personnel pédagogique et enseignant , ajoute-t-il.

 Quand on me demande plus de sécurité, je paie. Je nai rien imposé. On ne pouvait pas rester les bras croisés face à la montée des violences. Ces agents sont indispensables car la peur doit changer de camp , répond Valérie Pécresse, qui sest entretenue par la suite, avec les enseignants à lécart de la presse. Enfin, que disent ces agents ?

Non loin dune salle de cours, la brigade est positionnée dans un couloir.  Depuis quon est là, on est très bien accueillie par les élèves qui comprennent notre démarche. On nest pas là contre eux. Jusquici ça se passe bien , affirme Asma* de la brigade. Cette femme de 48 ans travaillait précédemment dans la médiation culturelle avant de jeunesse se convertir dans la protection rapprochée.

 Le matin nous sommes à lentrée, les carnets de correspondance sortent plus vite. Puis on tourne dans les lieux et autour de létablissement , constate-t-elle. Ce dispositif na pas vocation pour le moment à se développer davantage.  Je ne le souhaite pas. Mais il faut faire aujourdhui de la dissuasion , insiste Valérie Pécresse.