Saint-Denis : une ferme maraîchère ressuscite entre le McDo et la mosquée – Le Parisien

Saint-Denis : une ferme maraîchère ressuscite entre le McDo et la mosquée - Le Parisien

Sur les derniers champs de Seine-Saint-Denis, une ferme pour cultiver la mémoire du maraîchage – Autres

Les Fermes de Gally ouvrent les portes de leur exploitation à Saint-Denis. Il s'agit de la dernière ferme maraîchère du 19e siècle encore en exploitation dans la ville.

Près de quatre hectares de verdure, coincés entre un Mcdo et une mosquée. Cest sur cette parcelle située avenue de Stalingrad à Saint-Denis, que lon peut croiser des moutons, des chèvres mais quon peut aussi venir acheter des fruits et des légumes cultivés sur place.

Pour valoriser cette mémoire, un espace dexposition a été imaginé à côté des plantations de légumes et dherbes aromatiques qui seront vendus sur place. Lidée: retracer lhistoire du maraîchage, à son apogée à la fin du XIXe siècle, dans cette “plaine des Vertus” qui fournissait la capitale en primeurs, sitôt récoltés, sitôt livrés en charrette aux Halles (fermées en 1969), dans le cœur de Paris.

Les Fermes de Gally ont repris la ferme il y a deux ans, après le départ du propriétaire historique, René Kersanté pour en faire un lieu pédagogique,ouvert au public.  Après des premières portes ouvertes organisées lan dernier, les responsables du site recommencent ce week-end du 27-28 avril. 

Surtout, le site reste désormais ouvert au public en semaine. Les familles peuvent venir récupérer leur panier de produits (oignons, salades, choux…etc) et les enfants, notamment des centres de loisirs, participer à des ateliers de fabrication de pain, de beurre ou encore de jus de pomme.

Cultures sous cloches ou châssis vitrés, récupération du fumier des chevaux pour chauffer la terre et allonger les récoltes… “Cétait un processus intensif de production, on ne laissait jamais le sol se reposer”, relate Xavier Laureau, admiratif devant “lévolution des techniques pour alléger le travail des hommes” et la “créativité du territoire”.

Sur les derniers champs de Seine-Saint-Denis, une ferme pour cultiver la mémoire du maraîchage – Toute lactualité de la Martinique sur Internet

Au programme de ces portes ouvertes : visites, rencontres avec les animaux, ateliers et exposition sur la culture maraîchère en Seine-Saint-Denis et les techniques de culture dantan. Toutes les infos pratiques sont à retrouver sur le site internet de la ferme.

Au-delà de lhommage à leurs prédécesseurs, les nouveaux exploitants exhibent les savoir-faire daujourdhui : dans la serre, ciboulette, coriandre et mâche poussent à la verticale grâce à lhydroponie (culture sur un substrat neutre régulièrement irrigué par une solution deau et de nutriments).

“Je savais pas quil existait des endroits comme ça en Seine-Saint-Denis !” A portée de métro, nichée entre les barres dimmeubles, une ferme pédagogique ouvre samedi sur les dernières terres maraîchères de proche banlieue parisienne.

Parmi les projets dagriculture urbaine qui foisonnent outre-périphérique, il se distingue par ses quatre hectares et son activité maraîchère ininterrompue : la parcelle, cultivée un siècle durant par la famille Kersanté, a été préservée par son rachat en 1983 par la municipalité.

Ferme pédagogique : Sur les derniers champs de Seine-Saint-Denis, une ferme pour cultiver la mémoire du maraîchage

Passée la façade décrépie donnant sur lavenue de Stalingrad, dense départementale à lextrémité nord de Saint-Denis, une odeur de peinture fraîche accueille le visiteur à “La ferme ouverte”.

Non loin de son appartement de Saint-Denis, la famille Sheikhoossain profite du soleil davril dans la cour de la ferme. “Je savais pas quil existait des endroits comme ça en Seine-Saint-Denis !” sourit Mushiirah devant son fils de deux ans et demi électrisé à la vue des animaux.

La cour de ferme est entièrement rénovée, les anciens hangars et frigos bardés de bois. Un peu plus loin, des moutons, des chèvres et des lapins vaquent, indifférents au McDo jouxtant leur pré.

“Je savais pas quil existait des endroits comme ça en Seine-Saint-Denis !” A portée de métro, nichée entre les barres dimmeubles, une ferme pédagogique ouvre samedi sur les dernières terres maraîchères de proche banlieue parisienne.

A 10 minutes de marche du métro Saint-Denis-Université, le site est cerné par ces grands ensembles qui ont englouti, après guerre, les champs qui nourrissaient la capitale.

Parmi les projets dagriculture urbaine qui foisonnent outre-périphérique, il se distingue par ses quatre hectares et son activité maraîchère ininterrompue : la parcelle, cultivée un siècle durant par la famille Kersanté, a été préservée par son rachat en 1983 par la municipalité.

Lancien maraîcher René Kersanté naffiche aucune nostalgie devant la métamorphose des champs, uniquement couverts de salade jusquà son départ. Lexploitation “existe toujours, je naurais pas pu rêver mieux”.

Quand René Kersanté, septuagénaire, sest rangé des tracteurs en 2017, la mairie de Saint-Denis a cherché des successeurs. Un hectare a été repris par le collectif artistique Parti poétique qui mêle permaculture et événements culturels. Et trois hectares sont revenus aux fermes de Gally, une entreprise fondée près du château de Versailles, qui va y ouvrir samedi sa troisième ferme pédagogique.

Passée la façade décrépie donnant sur lavenue de Stalingrad, dense départementale à lextrémité nord de Saint-Denis, une odeur de peinture fraîche accueille le visiteur à “La ferme ouverte”.

Pour Xavier Laureau, codirigeant des fermes de Gally, il était impensable de laisser disparaître ce “concentré dhistoire de lalimentation locale en Ile-de-France”.

La cour de ferme est entièrement rénovée, les anciens hangars et frigos bardés de bois. Un peu plus loin, des moutons, des chèvres et des lapins vaquent, indifférents au McDo jouxtant leur pré.

Pour valoriser cette mémoire, un espace dexposition a été imaginé à côté des plantations de légumes et dherbes aromatiques qui seront vendus sur place. Lidée: retracer lhistoire du maraîchage, à son apogée à la fin du XIXe siècle, dans cette “plaine des Vertus” qui fournissait la capitale en primeurs, sitôt récoltés, sitôt livrés en charrette aux Halles (fermées en 1969), dans le cœur de Paris.

Ils ont arpenté le site en avant-première, mais devront attendre louverture officielle pour goûter les légumes. “Qualitativement, y aura pas photo”, est déjà persuadé Irshad, le père.

Les outils présentés viennent de la collection du musée des cultures légumières de la ville voisine de La Courneuve, aujourdhui fermé.

Cultures sous cloches ou châssis vitrés, récupération du fumier des chevaux pour chauffer la terre et allonger les récoltes… “Cétait un processus intensif de production, on ne laissait jamais le sol se reposer”, relate Xavier Laureau, admiratif devant “lévolution des techniques pour alléger le travail des hommes” et la “créativité du territoire”.

A 10 minutes de marche du métro Saint-Denis-Université, le site est cerné par ces grands ensembles qui ont englouti, après guerre, les champs qui nourrissaient la capitale.

En montrant “la fierté quil y avait à être maraîcher en Seine-Saint-Denis”, il entend “créer des fiertés pour les habitants” des quartiers populaires limitrophes.

Cette ouverture aux quartiers alentours, ainsi que laccueil de stagiaires et dapprentis, peut “susciter des vocations” dans un secteur qui embauche, espère le responsable.

Pour encourager la venue des visiteurs de Saint-Denis, La Courneuve, Stains et Pierrefitte-sur-Seine, un tarif réduit de trois euros a été instauré (jusquà 4,60 euros pour les autres).

Cette ouverture aux quartiers alentours, ainsi que laccueil de stagiaires et dapprentis, peut “susciter des vocations” dans un secteur qui embauche, espère le responsable.

Pour Xavier Laureau, codirigeant des fermes de Gally, il était impensable de laisser disparaître ce “concentré dhistoire de lalimentation locale en Ile-de-France”.

Au-delà de lhommage à leurs prédécesseurs, les nouveaux exploitants exhibent les savoir-faire daujourdhui : dans la serre, ciboulette, coriandre et mâche poussent à la verticale grâce à lhydroponie (culture sur un substrat neutre régulièrement irrigué par une solution deau et de nutriments).

La vente directe et les visites ne suffisant pas à rentabiliser le site qui emploie cinq personnes, le modèle économique inclut aussi ateliers (fabrication de pain, beurre, jus de pomme…) et location despaces pour les entreprises.

Non loin de son appartement de Saint-Denis, la famille Sheikhoossain profite du soleil davril dans la cour de la ferme. “Je savais pas quil existait des endroits comme ça en Seine-Saint-Denis !” sourit Mushiirah devant son fils de deux ans et demi électrisé à la vue des animaux.

Ils ont arpenté le site en avant-première, mais devront attendre louverture officielle pour goûter les légumes. “Qualitativement, y aura pas photo”, est déjà persuadé Irshad, le père.

Lancien maraîcher René Kersanté naffiche aucune nostalgie devant la métamorphose des champs, uniquement couverts de salade jusquà son départ. Lexploitation “existe toujours, je naurais pas pu rêver mieux”.