La Seine-Saint-Denis attend des annonces fortes dEdouard Philippe ce jeudi – BFMTV.COM

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Seine-Saint-Denis. Les forces de lordre expulsent des travailleurs sans-papiers à Montreuil

Un nouvel établissement pénitentiaire sera construit en Seine-Saint-Denis et précisément sur un terrain à Tremblay-en-France. L’administration pénitentiaire fait le point concernant la construction de cette nouvelle prison prévue pour 2024 avec une mise en service en 2025.

Elle sera construite collée à celle de Villepinte, sur une emprise foncière d’environ 15 hectares. « L’objectif est de mutualiser les deux établissements afin de partager les services », confie l’administration pénitentiaire.

En effet, les services tels que la blanchisserie, la cuisine, les ateliers ou encore le greffe seront communs aux deux prisons. « Il n’y aura qu’un mur d’enceinte qui séparera les deux établissements« , ajoute l’administration pénitentiaire.

La construction de cette prison s’inscrit dans le cadre du plan pénitentiaire annoncé par le gouvernement. Ce plan vise à lutter contre la surpopulation carcérale. Ainsi, le ministère de la Justice indique que « 8 000 places seront créées d’ici 2027 ».

Lors d’un conseil des ministres en septembre, Nicole Belloubet ministre de la Justice avait annoncé que « les prisons sont surpeuplées, avec plus de 70 000 détenus dans les prisons pour moins de 60 000 places ».

La prison de Tremblay-en-France viendra, donc, décharger la prison de Villepinte. « La maison d’arrêt de Villepinte qui compte 588 places a un taux d’occupation de 180 % avec 1072 détenus accueillis », précise l’administration pénitentiaire.

Ce nouvel établissement sera composé de 700 places, 600 pour les hommes et 100 pour les femmes. L’administration ajoute : 

Un recrutement sera organisé par l’administration pénitentiaire pour recruter les gardiens ainsi que le reste du personnel. Au total, 340 personnes travailleront sur le site dont 280 surveillants.

Le coût de cette nouvelle prison a été évalué à 110 millions d’euros par les services. Et sa localisation a été mûrement réfléchie mais cette décision n’est pas satisfaisante pour le maire PCF de Tremblay-en-France.

Lors d’une réunion organisée le 2 juillet 2019 par l’APIJ et à laquelle étaient présents des élus du territoire, des représentants du ministère de la Justice ainsi que le sous-préfet, le maire François Asensi, a déploré « une très mauvaise nouvelle pour Tremblay » : 

Avec les élus nous nous sommes battus pour sauvegarder les espaces verts pour la population. Il faut des mesures compensatoires à la perte de ces terres agricoles car il y a un grand besoin de terres cultivables. Et puis, au lieu d’inaugurer une belle salle pour les Jeux Olympiques de 2024, nous allons inaugurer une prison, alors que toutes les activités sociales et culturelles sont déjà concentrées sur la proche couronne.

Le centre pénitentiaire bénéficiera d’un accès à l’autoroute A104 dite « La Francilienne » par la D40 (600m). Le site est desservi par plusieurs lignes de transports en commun régulières. « Le site est bien relié à la desserte métropolitaine, nationale et internationale grâce à la présence du RER B et de l’aéroport Charles-de-Gaulle », explique l’administration.

Ce mardi 29 octobre 2019, à seulement deux jours de la trêve hivernale, le Préfet de Seine-Saint-Denis a procédé à l’expulsion, sans proposer de solution alternative, les travailleurs migrants sans-papiers qui avaient trouvé refuge au sein des anciens bâtiments de l’AFPA à Montreuil, propriété de l’État.

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Je m’oppose à l’expulsion de toutes celles et tous ceux qui fuient la guerre et la misère et qui tentent au péril de leur vie de trouver des terres de paix et de vie décente ».

Jappelle l’État à assumer pleinement son rôle et exige la mise à labri inconditionnelle de toutes les personnes qui étaient hébergées à lAFPA.

Il y a un an, face à l’absence de réponse positive de l’État pour trouver une solution digne au relogement des résidents du foyer Bara devenu insalubre et dangereux, Patrice Bessac avait pris un arrêté de fermeture du foyer et fait procéder à la réquisition de l’ex-AFPA, vide depuis deux ans, pour mettre à l’abri les travailleurs.

Afin de récupérer le plus rapidement possible les bâtiments de l’AFPA pour y implanter les futurs locaux du Tribunal administratif et de la Cour nationale du droit d’asile, le Préfet de la Seine-Saint-Denis a pris la décision de réquisitionner à son tour un terrain.

À 2 jrs de la trêve hivernale, lÉtat a fait évacuer lAfpa. Les hommes, travailleurs migrants qui y habitaient, se retrouvent à la rue. Certains vont avoir une chambre ds le nouveau foyer, dautres non. LÉtat doit prendre ses responsabilités ! cc ⁦@MtreuilEcologie⁩ pic.twitter.com/sglw6tjDjV

« La Ville a toujours défendu que dans le cas d’une fermeture du site de l’AFPA, les travailleurs migrants en situation administrative irrégulière devaient continuer à bénéficier d’un hébergement. La Ville travaille ainsi depuis plusieurs semaines avec des associations à la création d’une plateforme d’hébergement citoyen et solidaire« , déclare la municipalité.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier Ministre, en déplacement en Seine-Saint-Denis, jeudi 31 octobre 2019, pour faire des annonces à la suite du rapport parlementaire pointant les défaillances de l’État dans le département, Patrice Bessac appelle l’État « à assumer pleinement son rôle et exige la mise à l’abri inconditionnelle de toutes les personnes qui étaient hébergées à l’AFPA, sous la responsabilité de l’opérateur Coallia, missionné par l’État ».

Choqué par la méthode utilisée pour déloger les travailleurs migrants du foyer de lAFPA à #Montreuil. Ils sont parqués là depuis 5h30 ce matin sous la pluie. Il doit y avoir une dizaine de camion de CRS cest ridicule !!! Et honteux juste avant lhiver !! pic.twitter.com/JBqGSA4mJ6

La Ville est solidaire des travailleurs migrants aujourd’hui abandonnés par un État qui fuit ses responsabilités, se décharge de ses compétences sur les villes, les associations et les citoyens, et n’hésite pas à bafouer les droits fondamentaux ».

Toute la municipalité de Montreuil veillera avec détermination « à défendre une issue digne et humaine à cette situation ».