Prostitution en Seine-Saint-Denis: des mineures très jeunes et en proie aux violences, révèle une étude – BFMTV.COM

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Prostitution de mineures en Seine-Saint-Denis : une étude alarmante pour “mieux les protéger” | LCI

Un tiers dentre elles a moins de quinze ans, beaucoup sont déscolarisées, la plupart ont déjà souffert de violences, en particulier sexuelles… Une étude réalisée en Seine-Saint-Denis et dévoilée mardi 12 novembre dresse une analyse inédite de la prostitution des mineurs, phénomène en expansion selon les experts.

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La plupart du temps, ces adolescentes ne se considèrent pas comme victimes, et incitent même leurs amies à se prostituer. Les "recruteuses" sont payées en moyenne 350 euros par nouvelle adolescente introduite : les réseaux se développent ainsi par contagion. La moitié de ces mineures ont été placées dans des foyers ou des familles daccueil, avec un constat déchec, puisquune grande partie dentre elles a fugué et continué à se prostituer. Le rapport préconise donc la création de foyers spécifiques, avec des professionnels formés et des groupes de parole.

Messenger LinkedIn Email  Lobjectif est de mieux connaître le parcours de ces jeunes pour mieux les protéger , explique Ernestine Ronai, responsable de lObservatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis.

Premier enseignement, la moitié de ces prostituées mineures a grandi dans une famille marquée par des violences conjugales, et en ont elles-mêmes été victimes. La majorité est en échec scolaire. "Moi je sais comment me débrouiller sans lécole", explique une adolescente citée dans le rapport. Le plus souvent, cest souvent à la faveur dun suivi par la protection de lenfance que lon découvre quelles se prostituent, plus ou moins régulièrement.

La structure, qui a piloté létude, a eu accès à 19 dossiers des juges pour enfants du tribunal de Bobigny et analysé une quarantaine de signalements de la protection de lenfance.

Pour le reste, il sagit principalement de signalements transmis par Education nationale. Cest par exemple le cas de cette adolescente de 15 ans, surprise par un proviseur dans les toilettes avec trois lycéens. Les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant, notamment pour entrer en contact avec les clients, estime par ailleurs le rapport. Un assistante sociale note quune adolescente a été sollicitée jusquà 900 fois en une journée.

Déscolarisé, situation familiale instable… une étude dresse le portrait-robot des mineurs prostitués

La plupart dentre elles (seuls trois garçons étaient concernés) sont très jeunes. Les victimes signalées à la protection de lenfance sont âgées de 6 à 17 ans, un tiers à moins de quinze ans.

Elles seraient entre 5.000 et 8.000 mineures à se prostituer en France. En Seine-Saint-Denis, un tiers dentre elles a moins de quinze ans, beaucoup sont déscolarisées, et la plupart ont déjà souffert de violences, en particulier sexuelles. Cest ce questime un rapport inédit publié mardi par lObservatoire des violences faites aux femmes. 

Viols, attouchements, coups à la maison, harcèlement à lécole : 89 % des jeunes filles sadonnant à la prostitution ont par ailleurs subi des violences par le passé, montrent les données des juges. Il sagit à 40 % de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer. Les mères de 61 % des mineures ont été victimes de violences conjugales.

Au départ, ce sont dautres jeunes qui les font rentrer dans la prostitution, une copine ou des lover boys. […] Leur confiance est captée, tout est fait pour les fasciner, les placer dans une dépendance affective, puis les humilier, souffler le chaud et le froid, pour les mettre sous emprise , décortique Ernestine Ronai. À la brutalité de la rue et des trottoirs sest substitué linsidieux confort dInternet : lanalyse des 60 dossiers montre que la moitié des rencontres avec des clients potentiels sopèrent via les réseaux sociaux. Les passes se déroulent à lhôtel, sur rendez-vous, ou dans des appartements loués pour loccasion.

 Le parcours de vie de ces filles est marqué par la violence , poursuit Ernestine Ronai, évoquant les graves conséquences physiques ou psychiques engendrées, avec des  fugues, un mauvais rapport à linstitution scolaire, voire une déscolarisation  (pour 60 % dentre-elles). Soit autant de facteurs favorisant lentrée dans la prostitution.

Létude relève que 72 % des cas de violences dénoncées aux autorités compétentes nont pas fait lobjet de suites judiciaires.  Les conséquences en sont dramatiques , notent les auteurs.  Prendre davantage en compte ces victimes semblent être in fine un des moyens de lutter contre la prostitution des mineur.e.s , ajoutent-ils.

Le recoupement des éléments montre que 89 % des jeunes filles avaient subi des violences sexuelles, physiques ou psychiques dans lenfance : 40 % ont été victimes de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer ; dans 61 % des cas, les mères subissaient elles-mêmes des violences conjugales. Et 66 % se trouvaient dans une situation familiale instable. Dans ce contexte, 78 % étaient en échec scolaire, un facteur qui mène à la déscolarisation totale, à la fugue, et à une plus grande vulnérabilité encore.

Ils reviennent également sur le rôle des réseaux sociaux, qui représentent 50 % des lieux dapproche des clients de prostitution. Et appellent à mettre en place des structures daccueil spécifiques pour ces mineur.e.s, ainsi quà mieux former les professionnels à leur prise en charge.

 Si nous avons fait cette enquête inédite en France, cest parce que le sujet nous paraît être un angle mort des politiques publiques , affirme Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental. Il appelle à ce que le phénomène, en  expansion  selon les experts, avec 5 000 à 8 000 mineur.e.s touchés aujourdhui en France, soit  intégré  aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes.

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Illustration / AFPPopulationETUDE – En plein Grenelle des violences conjugales, une étude pilotée par lObservatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis révèle le profil des prostituées mineures dans le département, pour “mieux les protéger”. 2019-11-12T08:09:15.216Z – La rédaction de LCIPour ces experts, le phénomène est en pleine expansion. L'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis révèle les conclusions de son étude sur la prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis après avoir étudié les dossiers de 19 juges pour enfants du tribunal de Bobigny et analysé une quarantaine de signalements de la protection de l'enfance. 

Aucune étude globale ne mesure le nombre de prostitué(e) s mineur(e) s mais les associations estiment quils sont 6000 à 10 000 en France. Ce sont pour beaucoup des jeunes filles, âgées de 13 à 16 ans. Le phénomène prendrait de lampleur, surtout dans les cités, et avec la facilité déconcertante des réseaux sociaux.

Il en ressort qu'un tiers des prostituées mineures (seuls trois garçons étaient concernés) est âgé de moins de quinze ans, que la plupart d'entre elles ont souffert de violences, notamment sexuelles, et que nombre de ces jeunes filles sont déscolarisées. Par ailleurs, 89 % des jeunes filles s'adonnant à la prostitution ont subi des violences par le passé, montrent les données des juges. 

Les auteurs de létude appellent à mettre en place des structures daccueil spécifiques pour ces mineurs, ainsi quà mieux former les professionnels à leur prise en charge. Et que le phénomène soit intégré aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes.

Ces violences peuvent être des viols, des attouchements, des coups à la maison ou encore du harcèlement scolaire. Pour près de la moitié de ces jeunes filles, il s'agit de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer. "Le parcours de vie de ces filles est marqué par la violence", indique Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis. 

Mais lobservatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis note surtout un phénomène en pleine explosion : la prostitution via les réseaux sociaux. Les plateformes type Snapchat, Instagram ou Facebook représente 50% des approches des clients. Ces réseaux offrent aux proxénètes des possibilités de recrutement en masse et à distance. Létude préconise donc de mieux surveiller Internet pour davantage protéger les mineurs.

L'experte explique que les graves conséquences physiques, psychiques ou sociales engendrées par ces violences comme les fugues, la déscolarisation, sont autant de facteurs qui favorisent l'entrée dans la prostitution pour ces jeunes filles. Des conclusions qui rejoignent celle de l'association Agir contre la prostitution des enfants. Des adolescentes très fragiles et vulnérables, en "grand manque d'estime de soi et en quête d'affection" de par leur histoire personnelle, violences, familles compliquées, harcèlement, selon son secrétaire général Arthur Melon.

Aujourdhui, selon létude, même si les prostitués nont pas quun seul visage, on peut mettre sur pied un portrait-robot de ces mineurs qui sombrent dans la prostitution. Limmense majorité des prostitués mineurs ont subi des violences physiques, sexuelles ou psychiques avant de se prostituer. Cela représente 89 % des dossiers étudiés par les juges des enfants de Bobigny. 

L'étude relève également que 72% des cas de violences dénoncées aux autorités compétentes n'ont pas fait l'objet de suites judiciaires. "Les conséquences en sont dramatiques", notent les auteurs. "Prendre davantage en compte ces victimes semblent être in fine un des moyens de lutter contre la prostitution des mineur.e.s", ajoutent-ils. 

Comment ces jeunes victimes en viennent-elles à basculer et à être approchées ? Pour les experts, le rôle des réseaux sociaux est prépondérant et constituent, pour moitié des lieux d'approche des clients de prostitution. Et d'appeler à mettre en place des structures d'accueil spécifiques pour ces mineur(e)s, ainsi qu'à mieux former les professionnels à leur prise en charge. 

"Si nous avons fait cette enquête inédite en France, c'est parce que le sujet nous paraît être un angle mort des politiques publiques", affirme Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental. Il appelle à ce que le phénomène, en "expansion" selon les experts, soit "intégré" aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes. Le Nid estimait en 2015 à 37.000 le nombre global de prostituées en France, tandis que l'association Agir contre la prostitution des enfants parlait en 2013 de 5.000 à 8.000 mineures. 

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