Prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis : Le parcours de ces jeunes filles est marqué par les… – 20 Minutes

Prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis :  Le parcours de ces jeunes filles est marqué par les… - 20 Minutes

Prostitution de mineures en Seine-Saint-Denis : une étude alarmante pour “mieux les protéger” | LCI

Elles nont parfois pas plus de 13 ans, mais connaissent déjà le monde du sexe tarifé. Un tiers des mineurs en situation de prostitution a moins de 15 ans, a-t-on appris ce mardi lors de la publication des résultats dune étude sur   la prostitution des mineur.e.s  en Seine-Saint-Denis. Une étude menée par lObservatoire départemental des violences envers les femmes du département, à loccasion dune journée professionnelle contre les violences faites aux femmes à la MC93 de Bobigny. La structure, qui a piloté ce travail, a eu accès à 19 dossiers des juges pour enfants du tribunal de Bobigny et a analysé une quarantaine de signalements de la protection de lenfance.  Il est primordial de comprendre le parcours de ces jeunes filles – ce sont très majoritairement des filles – entrées en prostitution, afin de mieux les protéger , explique à 20 Minutes Ernestine Ronai, présidente de lObservatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis.

Les victimes mineures sont en moyennes âgées de 15 ans. Parfois, elles nont que 13 ans. Le parcours de vie de ces filles – ce sont très majoritairement des filles – est marqué par les violences subies, sexuelles notamment. Selon les données de notre étude, 9 mineures prostituées sur 10 ont subi des violences dans lenfance. Dans 40 % des cas, (…) Lire la suite sur 20minutesÀ lire aussi :Montpellier : Le chef dun réseau de proxénétisme exploitait des mineures depuis sa celluleVIDEO. Shéhérazade: Chaque élément est inspiré du réel, quand un film parle de la prostitution des mineurs à MarseilleVal de Marne: Un comptable qui prostituait sa petite amie lycéenne condamné à trois ans fermeCréteil: Dix personnes dont des jeunes filles jugées pour avoir prostitué huit adolescentes

Lenquête à lorigine du rapport a été réalisée en Seine-Saint-Denis sur plusieurs mois, en analysant notamment 19 dossiers de mineures prises en charge par le tribunal de grande instance de Bobigny. Dans leurs profils, beaucoup de similitudes. "Dans neuf cas sur dix, leur parcours de vie est marqué par la violence, en particulier des violences sexuelles très graves, viols et viols collectifs", affirme Ernestine Ronai. Une violence qui les a souvent accompagnées tout au long de leur enfance. "Les mères de six filles sur dix ont subi des violences conjugales de la part du père", ajoute-t-elle. 

Prostitution des mineures : “Dans neuf cas sur dix, leur parcours de vie est marqué par la violence”

Illustration / AFPPopulationETUDE – En plein Grenelle des violences conjugales, une étude pilotée par lObservatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis révèle le profil des prostituées mineures dans le département, pour “mieux les protéger”. 2019-11-12T08:09:15.216Z – La rédaction de LCIPour ces experts, le phénomène est en pleine expansion. L'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis révèle les conclusions de son étude sur la prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis après avoir étudié les dossiers de 19 juges pour enfants du tribunal de Bobigny et analysé une quarantaine de signalements de la protection de l'enfance. 

Il en ressort qu'un tiers des prostituées mineures (seuls trois garçons étaient concernés) est âgé de moins de quinze ans, que la plupart d'entre elles ont souffert de violences, notamment sexuelles, et que nombre de ces jeunes filles sont déscolarisées. Par ailleurs, 89 % des jeunes filles s'adonnant à la prostitution ont subi des violences par le passé, montrent les données des juges. 

Autre élément commun mis en lumière par létude : "un rapport difficile à la scolarité" et des fugues très fréquentes. "Cest sans doute lélément le plus repéré par les professionnels", précise Ernestine Ronai. Une mineure sur deux fait par ailleurs partie dun réseau de prostitution. "Souvent, cest une petit copain ou une amie qui les entraîne." Pour approcher les clients, un moyen est privilégié : les réseaux sociaux. 

Ces violences peuvent être des viols, des attouchements, des coups à la maison ou encore du harcèlement scolaire. Pour près de la moitié de ces jeunes filles, il s'agit de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer. "Le parcours de vie de ces filles est marqué par la violence", indique Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis. 

Elles ont entre 11 et 17 ans et sont entre 5.000 et 8.000 en France. Mardi, lObservatoire des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis publie un rapport inédit sur la prostitution des mineures. La présidente de cet observatoire, Ernestine Ronai, commente les résultats sur Europe 1.

L'experte explique que les graves conséquences physiques, psychiques ou sociales engendrées par ces violences comme les fugues, la déscolarisation, sont autant de facteurs qui favorisent l'entrée dans la prostitution pour ces jeunes filles. Des conclusions qui rejoignent celle de l'association Agir contre la prostitution des enfants. Des adolescentes très fragiles et vulnérables, en "grand manque d'estime de soi et en quête d'affection" de par leur histoire personnelle, violences, familles compliquées, harcèlement, selon son secrétaire général Arthur Melon.

 Si nous avons fait cette enquête inédite en France, cest parce que le sujet nous paraît être un angle mort des politiques publiques , affirme Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental. Il appelle à ce que le phénomène, en  expansion  selon les experts, avec 5 000 à 8 000 mineur.e.s touchés aujourdhui en France, soit  intégré  aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes.

L'étude relève également que 72% des cas de violences dénoncées aux autorités compétentes n'ont pas fait l'objet de suites judiciaires. "Les conséquences en sont dramatiques", notent les auteurs. "Prendre davantage en compte ces victimes semblent être in fine un des moyens de lutter contre la prostitution des mineur.e.s", ajoutent-ils. 

Viols, attouchements, coups à la maison, harcèlement à lécole : 89 % des jeunes filles sadonnant à la prostitution ont par ailleurs subi des violences par le passé, montrent les données des juges. Il sagit à 40 % de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer. Les mères de 61 % des mineures ont été victimes de violences conjugales.

Comment ces jeunes victimes en viennent-elles à basculer et à être approchées ? Pour les experts, le rôle des réseaux sociaux est prépondérant et constituent, pour moitié des lieux d'approche des clients de prostitution. Et d'appeler à mettre en place des structures d'accueil spécifiques pour ces mineur(e)s, ainsi qu'à mieux former les professionnels à leur prise en charge. 

 Le parcours de vie de ces filles est marqué par la violence , poursuit Ernestine Ronai, évoquant les graves conséquences physiques ou psychiques engendrées, avec des  fugues, un mauvais rapport à linstitution scolaire, voire une déscolarisation  (pour 60 % dentre-elles). Soit autant de facteurs favorisant lentrée dans la prostitution.

"Si nous avons fait cette enquête inédite en France, c'est parce que le sujet nous paraît être un angle mort des politiques publiques", affirme Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental. Il appelle à ce que le phénomène, en "expansion" selon les experts, soit "intégré" aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes. Le Nid estimait en 2015 à 37.000 le nombre global de prostituées en France, tandis que l'association Agir contre la prostitution des enfants parlait en 2013 de 5.000 à 8.000 mineures. 

Létude relève que 72 % des cas de violences dénoncées aux autorités compétentes nont pas fait lobjet de suites judiciaires.  Les conséquences en sont dramatiques , notent les auteurs.  Prendre davantage en compte ces victimes semblent être in fine un des moyens de lutter contre la prostitution des mineur.e.s , ajoutent-ils.

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La plupart du temps, ces adolescentes ne se considèrent pas comme victimes, et incitent même leurs amies à se prostituer. Les "recruteuses" sont payées en moyenne 350 euros par nouvelle adolescente introduite : les réseaux se développent ainsi par contagion. La moitié de ces mineures ont été placées dans des foyers ou des familles daccueil, avec un constat déchec, puisquune grande partie dentre elles a fugué et continué à se prostituer. Le rapport préconise donc la création de foyers spécifiques, avec des professionnels formés et des groupes de parole.

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Premier enseignement, la moitié de ces prostituées mineures a grandi dans une famille marquée par des violences conjugales, et en ont elles-mêmes été victimes. La majorité est en échec scolaire. "Moi je sais comment me débrouiller sans lécole", explique une adolescente citée dans le rapport. Le plus souvent, cest souvent à la faveur dun suivi par la protection de lenfance que lon découvre quelles se prostituent, plus ou moins régulièrement.

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Pour le reste, il sagit principalement de signalements transmis par Education nationale. Cest par exemple le cas de cette adolescente de 15 ans, surprise par un proviseur dans les toilettes avec trois lycéens. Les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant, notamment pour entrer en contact avec les clients, estime par ailleurs le rapport. Un assistante sociale note quune adolescente a été sollicitée jusquà 900 fois en une journée.

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Au départ, ce sont dautres jeunes qui les font rentrer dans la prostitution, une copine ou des lover boys. […] Leur confiance est captée, tout est fait pour les fasciner, les placer dans une dépendance affective, puis les humilier, souffler le chaud et le froid, pour les mettre sous emprise , décortique Ernestine Ronai. À la brutalité de la rue et des trottoirs sest substitué linsidieux confort dInternet : lanalyse des 60 dossiers montre que la moitié des rencontres avec des clients potentiels sopèrent via les réseaux sociaux. Les passes se déroulent à lhôtel, sur rendez-vous, ou dans des appartements loués pour loccasion.

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Fouiller lenfance de prostitués mineurs, cest, malheureusement, très souvent, constater des violences subies avant den venir à vendre son corps. L Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis a mené une étude avec le TGI de Bobigny et la cellule de recueil des informations préoccupantes du conseil départemental, sur les adolescents prostitués pour repérer les parcours de vie de ces jeunes afin que les professionnels soient plus à même de les protéger , a expliqué la coordinatrice de lObservatoire Ernestine Ronai, ce mardi matin sur RMC.

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Létude de lObservatoire relève que 72 % des cas de violences dénoncées aux autorités compétentes nont pas fait lobjet de suites judiciaires. Les conséquences en sont dramatiques , notent les auteurs, qui estiment que prendre en compte ces très jeunes victimes dès les premiers signalements semble être in fine un des moyens de lutter contre la prostitution des adolescents avant le passage à lacte.