Une collectivité de Seine-Saint-Denis renonce à demander la déprogrammation de “Jaccuse” – Le Point

Une collectivité de Seine-Saint-Denis renonce à demander la déprogrammation de \

Une collectivité de Seine-Saint-Denis veut déprogrammer “Jaccuse” de six cinémas

La collectivité Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a décidé de “déprogrammer” de ses six cinémas publics le film “Jaccuse” de Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, a-t-elle annoncé ce mardi.

“Après un débat que jai souhaité en conseil de territoire” sur la programmation du film, “jai décidé à lécoute des interventions de déprogrammer ce film des cinémas publics dEst Ensemble”, a tweeté mercredi soir Gérard Cosme, président PS de cet établissement public territorial (EPT), qui compte notamment les villes de Montreuil, Pantin, Romainville ou Bobigny.

“Nous souhaitons également savoir quel sort sera réservé aux écrivains et peintres condamnés pour crimes dans les bibliothèques dEst Ensemble”, a-t-il ajouté. “Selon toute vraisemblance, les livres de Céline et Althusser, les DVD de Max Linder, Brisseau, voire Woody Allen (plus besoin ici de décision de justice), les disques de Michael Jackson et les ouvrages sur Le Caravage et Gauguin devraient être retirés des rayonnages”.

Déprogrammation de Jaccuse: élus et directeurs de cinémas dénoncent une censure

Après un débat que jai souhaité en conseil de territoire sur la programmation du film Jaccuse de #Polanski Jai décidé à lécoute des interventions de déprogrammer ce film des cinémas publics @Est_Ensemble

Des élus et des directeurs de cinémas de Seine-Saint-Denis ont dénoncé mercredi une “censure” après la décision de la collectivité Est Ensemble de déprogrammer le film Jaccuse de Roman Polanski de ses six cinémas publics. Cest une “première en France”, a fustigé Stéphane Goudet, directeur du cinéma Le Méliès à Montreuil, dans un post sur Facebook.

Jaccuse de Polanski non grata en Seine-Saint-Denis

Plusieurs élus, de droite comme de gauche, sont intervenus lors de cette réunion pour plaider en faveur dune déprogrammation, a précisé Est Ensemble. “Aucun élu na pris la parole pour défendre une position inverse”, a assuré la collectivité. Au vu de ces interventions, Gérard Cosme va donc “demander aux directeurs des différents cinémas de déprogrammer le film”, a-t-elle poursuivi.      Avec six cinémas et 13 écrans, Est Ensemble est à la tête du “premier réseau de cinémas publics de France”. “A titre personnel, je nirai pas voir le film de Roman Polanski et jappelle les spectateurs à faire de même”, avait déjà déclaré Gérard Cosme dans un communiqué envoyé avant le conseil de territoire. “Ce film sort dans un contexte dont on ne peut faire abstraction”, avait-il ajouté en évoquant le mouvement #MeToo.

Le collectif Est Ensemble renonce à sa demande de déprogrammation du film Jaccuse

“La promotion dun film dont le réalisateur est soupçonné de violences à caractère sexuel, ne fait que raviver pour les victimes les souffrances passées et doivent interroger notre société sur la place que lon accorde à un tel artiste”, avait-il ajouté. 

Dans un message publié sur le réseau social Facebook, le directeur du cinéma Le Méliès à Montreuil avait demandé «[…] à nos élus la liste des cinéastes dont nous naurons plus le droit de programmer les films et la définition de leurs critères», avant d’ajouter : «Un comité de vérification de la moralité des artistes programmés est-il prévu, puisque la liberté individuelle des spectateurs nest pas suffisante ? […] Nous souhaitons également savoir quel sort sera réservé aux écrivains et peintres condamnés pour crimes dans les bibliothèques dEst Ensemble. Selon toute vraisemblance, les livres de Céline et Althusser, les DVD de Max Linder, Brisseau, voire Woody Allen (plus besoin ici de décision de justice), les disques de Michael Jackson et les ouvrages sur Le Caravage et Gauguin devraient être retirés des rayonnages.»

Il avait cependant dit quil ne déprogrammerait pas le film, pour “laisser la liberté de programmation artistique aux directeurs des équipements.” Samedi soir, une séance de “Jaccuse” a été annulée à Rennes après lintrusion dans une salle de cinéma de militantes féministes opposées au film.

Jaccuse, de Polanski, déprogrammé de six salles de cinéma de Seine-Saint-Denis

La collectivité Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a décidé de "déprogrammer" de ses six cinémas publics le film "Jaccuse" de Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, a-t-elle annoncé mardi.

"Après un débat que jai souhaité en conseil de territoire" sur la programmation du film, "jai décidé à lécoute des interventions de déprogrammer ce film des cinémas publics dEst Ensemble", a tweeté mercredi soir Gérard Cosme, président PS de cet établissement public territorial (EPT), qui compte notamment les villes de Montreuil, Pantin, Romainville ou Bobigny.

Dans un post Facebook, le maire PCF de Montreuil, Patrice Bessac, a lui aussi dénoncé  une décision regrettable et contestable .  Certains des cinémas à linstar du Méliès […] avaient fait le choix, juste, du débat et de la sensibilisation plutôt que celui de la censure , a-t-il dit, ajoutant que la projection du film devait être accompagnée de débats avec des associations féministes.

Plusieurs élus, de droite comme de gauche, sont intervenus lors de cette réunion pour plaider en faveur dune déprogrammation, a précisé Est Ensemble à lAFP. "Aucun élu na pris la parole pour défendre une position inverse", a assuré la collectivité.

Au vu de ces interventions, Gérard Cosme va recevoir mercredi matin les directeurs des cinémas concernés pour leur présenter la "position du conseil". Les directeurs auront ensuite le choix dappliquer ou non cette décision, a précisé lEPT. 

 Un comité de vérification de la moralité des artistes programmés est-il prévu, puisque la liberté individuelle des spectateurs nest pas suffisante ?   Nous souhaitons également savoir quel sort sera réservé aux écrivains et peintres condamnés pour crimes dans les bibliothèques dEst Ensemble , a-t-il ajouté.

Avec six cinémas et 13 écrans, Est Ensemble est à la tête du "premier réseau de cinémas publics de France". 

Le débat agité a duré près dune heure. Un peu avant le conseil, Gérard Cosme avait indiqué ne pas vouloir retirer Jaccuse de laffiche afin de laisser la liberté de programmation artistique aux directeurs des équipements . Il précisait cependant quil nirait pas voir le film et quil invitait les spectateurs à faire de même . Au terme du débat, les élus ont toutefois voté en faveur dune déprogrammation. La décision sera annoncée ce mercredi aux directeurs des salles concernées. Ils disposeront cependant de la possibilité de maintenir la diffusion du film.

"A titre personnel, je nirai pas voir le film de Roman Polanski et jappelle les spectateurs à faire de même", avait déjà déclaré Gérard Cosme dans un communiqué envoyé avant le conseil de territoire. 

Symboliquement, Sylvine Thomassin a accroché un soutien-gorge devant son pupitre. Lors du conseil de territoire dEst Ensemble ( Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville ) ce mardi soir à Romainville (Seine-Saint-Denis), la maire PS de Bondy a fait part de sa colère devant ses collègues et demandé la déprogrammation des cinémas publics dEst Ensemble du film Jaccuse de Roman Polanski, accusé de viol par la photographe Valentine Monnier comme nous le révélions il y a quelques jours. Ce quelle a obtenu.

"Ce film sort dans un contexte dont on ne peut faire abstraction", avait-il ajouté en évoquant le mouvement #MeToo.

Dans la salle du conseil, des militantes féministes ont brandi des soutiens-gorge et des affiches sans appel : Le viol nest pas du cinéma ou encore Jaccuse Polanski . Sylvie Badoux, maire-adjointe de Bondy et vice-présidente dEst Ensemble, est également intervenue devant ses pairs : Oui, il y a urgence ! Ce soir, nous sommes nombreuses et nombreux à dire Jaccuse… et à dire stop à la culture du viol !

"La promotion dun film dont le réalisateur est soupçonné de violences à caractère sexuel, ne fait que raviver pour les victimes les souffrances passées et doivent interroger notre société sur la place que lon accorde à un tel artiste", avait-il ajouté. 

Neuf communes françaises veulent déprogrammer le film de Polanski “Jaccuse” des cinémas

Il avait cependant dit quil ne déprogrammerait pas le film, pour "laisser la liberté de programmation artistique aux directeurs des équipements."

Samedi soir, une séance de "Jaccuse" a été annulée à Rennes après lintrusion dans une salle de cinéma de militantes féministes opposées au film.

Cette décision, soutenue par des élus de droite et de gauche, doit être soumise mercredi aux directeurs des six cinémas concernés qui ont la possibilité de ne pas lappliquer.