Saint-Nazaire : le paquebot MSC Grandiosa est livré – actu.fr

Saint-Nazaire : le paquebot MSC Grandiosa est livré - actu.fr

MSC Croisières et la pollution: Aucun hôtel ne fait autant deffort que nous!

Le paquebot géant, long de 331 m, sera livré par les Chantiers de lAtlantique, ce jeudi 31 octobre, à larmateur MSC. Il accueillera ses premiers passagers à Hambourg, dimanche 10 novembre.

Messenger LinkedIn Email Trois cent trente et un mètres de long, 43 mètres de large et 67 mètres de haut. Dix-neuf ponts, tous baptisés daprès le nom dun peintre, avec notamment 2 420 cabines capables daccueillir 6 334 passagers. Les chiffres qui décrivent le Grandiosa, dernier-né des Chantiers de l

INTERVIEW – Patrick Pourbaix, directeur général France du groupe, assure intensifier ses mesures contre la pollution. MSC inaugure dans quelques jours le Grandiosa, plus grand navire de croisière européen.

Ce jeudi, le chantier naval vient de livrer le MSC Grandiosa à son armateur et de donner naissance à un nouveau paquebot révolutionnaire : le premier qui marchera au GNL et qui sera équipé dune pile à combustible.

LE FIGARO: Les critiques sur le bilan environnemental des navires de croisière sintensifient. Comment réagissez-vous?

Patrick Pourbaix.: Cest une question que lon prend évidemment très à cœur, et nous aurions dû réagir plus tôt. Cependant, je minsurge contre certaines études et la médiatisation qui en a été faite. Dabord, il y a souvent un amalgame entre la navigation commerciale en général et les croisières. Les navires de croisières ne représentent dans le monde entier que 300 unités sur les 60 à 75.000 bateaux à vocation commerciale, toutes filières confondues. Ensuite, il faut rappeler que, proportionnellement, plus le bâtiment accueille de voyageurs, moins il pollue. Alors quil existe 7 500 yachts de plus de vingt mètres dans le monde… Nous ne sommes pas les seuls émetteurs de polluants sur les mers, loin de là.

Nous faisons en tout cas partie des meilleurs élèves, déjà parce que notre flotte est jeune. MSC Croisières na que seize ans et la construction des navires se perfectionne au gré de ces préoccupations environnementales. Si lon compare le MSC Grandiosa, plus gros navire de notre flotte que nous réceptionnons ce 31 octobre, au MSC Fantasia (livré en 2008,NDLR), la consommation de carburant par passager est inférieure de 28 %. Autre exemple, les déchets: aucun hôtel ne fait autant deffort que nous! Il y a à bord de nos navires un officier environnemental qui supervise leur gestion. Nous les trions en sept catégories. Nos paquebots sont équipés dincinérateurs et de compresseurs. À quai, un camion les embarque ensuite dans des zones de traitement. Nous ne jetons aucun déchet polluant en mer. Quant à leau potable, plus aucun de nos bateaux ne salimente dans les ports. Tous sont équipes de centrales qui transforment jusquà trois millions de litres deau salée chaque jour (pour le MSC Grandiosa, NDLR ). Les eaux usées sont également traitées à bord.

Messenger LinkedIn Email  On a lhabitude de ces mouvements. Mais cela reste des moments à surveiller de près, résume le commandant de port Laurent Piton. Cette journée est largement anticipée. 

Nous avons signé mi-octobre un engagement volontaire et inédit avec le port de Marseille ordonnant lutilisation dun carburant à 0,1%.

Les polémiques pointent, surtout lempreinte carbone des navires et les émissions de gaz nocifs. Quelles mesures concrètes avez-vous prises?

Messenger LinkedIn Email  Il ny a pas de planète B , lance Pierfrancesco Vago, président exécutif de la compagnie MSC. Très critiquée sur son impact écologique, lindustrie de la croisière sort les arguments pour répondre.  Lempreinte carbone dune famille de quatre pour sept nuits sur le Grandiosa, trajet en avion vers Venise

Saint-Nazaire. Les Chantiers vont construire leur premier paquebot au gaz

Cela me semble un peu disproportionné… MSC a réagi depuis plusieurs années. Alors que les réglementations internationales imposent à lindustrie maritime un fioul limité à 3,5% de soufre, les croisières, elles, utilisent déjà un carburant à 1,5%.

Le MSC Europa, dont la première tôle a été découpée ce jeudi 31 octobre à Saint-Nazaire, sera propulsé au gaz liquide. Il testera aussi une pile à combustible.

Nous avons par ailleurs signé mi-octobre un engagement volontaire et inédit avec le port de Marseille ordonnant, entre autres lutilisation dun carburant à 0,1%. Nous voulions aller encore plus loin que la réglementation actuelle, alors quen janvier 2020, lensemble de lindustrie maritime devra utiliser un carburant à 0,5% de teneur en souffre.

Le chantier naval et son fidèle client italo-suisse lancent la construction du premier paquebot au GNL construit en France. Le navire embarquera un démonstrateur de pile à combustible présenté comme une première mondiale. L'armateur s'est vu livrer jeudi le MSC Grandiosa, le dix-septième paquebot de sa flotte.

Concrètement, le changement de fioul se fait deux heures avant larrivée au port, en basculant de réservoir. Cela représente des coûts supplémentaires, mais cest aussi un investissement nécessaire à la transition énergétique. Cet engagement volontaire a pu se faire avec la volonté de tous les acteurs concernés: ports, terminaux et armateurs, notamment MSC, Royal Caribbean, Costa et Ponant. Concernant Marseille, Toulon et Nice, nous nous sommes également engagés à réduire la vitesse dentrée et de sortie dans le port, en adéquation avec les conditions météorologiques et les instructions du pilote, afin de préserver les conditions de sécurité du navire, des passagers et du personnel navigant. Enfin, nous utiliserons lalimentation électrique à quai dès que les ports seront équipés de terminaux adéquats via des bornes adaptées. Cette mesure pourra se concrétiser entre 2022 et 2025 en fonction de lavancée des travaux daménagements qui seront engagés dans le cadre du projet Escales Zéro fumée.

Messenger LinkedIn Email Ce jeudi 31 octobre, la traditionnelle cérémonie de découpe de la première tôle, qui lance la construction, à Saint-Nazaire, du prochain paquebot de larmateur MSC, sest tenue aux Chantiers de lAtlantique.

MSC met à leau son nouveau monstre marin, le MSC Grandiosa – Construction navale (civile ou militaire)

En avril 2018, les compagnies de croisière se sont engagées à réduire leurs émissions carbone de 40% dici à 2030. Êtes-vous dans les temps?

Il permettra également de tester une technologie innovante : une pile à combustible à bord, fonctionnant elle aussi au GNL, pour produire 50 kW dénergie électrique, soit une toute petite part des besoins du navire.

Nous sommes même en avance. Les constructeurs proposent désormais des navires qui fonctionnent au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce carburant réduit de plus de 99% les émissions doxyde de soufre, jusquà 85% celles doxyde dazote et jusquà 25% celles de C02! Nos prochaines unités dailleurs seront équipées de ces systèmes de propulsion. Le premier de ces navires, qui par ailleurs sera aussi le premier à propulsion GNL jamais construit en France, sera livré en 2022.

Un paquebot livré ce jeudi 31 octobre 2019, trois autres (Celebrity Apex, MSC Virtuosa et Wonder of the Seas) dans les cales, sans compter les neuf (dont deux options) navires de croisière à construire d’ici 2023, les quatre pétroliers ravitailleurs à livrer à la marine nationale entre 2022 et 2029, un investissement à 35 M € pour un portique XXL, un plan de recrutement… les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire (Loir-Atlantique) accélèrent alors que le rachat par le groupe italien Fincantieri est au point mort, suspendu à la décision de la Commission européenne.

En attendant, toutes nos nouvelles mesures contribuent à réduire les émissions de CO2: diminution de la vitesse, moteurs plus performants, peinture de la coque conférant une meilleure pénétration dans leau, etc. Concernant loxyde de soufre rejeté, dangereux pour la santé, il existe un système de filtrage des pots déchappement. Il nettoie les fumées et réduit de 97% les émissions. Aujourdhui, onze de nos 17 navires en sont équipés. Tous le seront dici à 2021. Quant aux oxydes dazote, il existe – comme pour les voitures – des systèmes de réduction catalytique sélective (RCS), qui éliminent 90% des émissions. Tous nos navires en sont déjà équipés. Notre objectif à horizon 2050, cest parvenir à zéro émission, tout confondu, en conformité avec les ambitions de lOMI.

L’enquête approfondie de l’Europe, qui fait suite à l’enquête préliminaire, devrait durer 90 jours et pourrait même se prolonger jusqu’à 5 mois, précise Reuters. Ce qui reportera une décision en mars 2020.

Laccident de Venise (un navire MSC Croisières a heurté cet été un quai et un bateau fluvial,NDLR) a-t-il relancé le débat sur laccostage?

Ce sont malheureusement des choses qui peuvent arriver, mais il faut préciser que cest extrêmement rare. Nous pouvons débattre du tourisme de masse, notamment à Venise. Des alternatives à laccostage sont en projet. Venise imaginait un terminal supplémentaire à un autre endroit. Sil est construit, nous suivrons. Dautres solutions existent. En Norvège, seuls les bateaux à propulsion électrique pourront pénétrer dans certains fjords, dici à 2026. On peut imaginer de plus petits navires pour acheminer les passagers sur le port. Cela pourrait être une solution pour Venise. Nous, compagnies de croisière, devons aussi réinventer nos itinéraires, proposer de nouvelles escales. Plus que Mykonos et les autres villes types jaimerais faire découvrir des endroits méconnus. En France, pourquoi pas le port de Sète. Il faut aussi que le public accepte la nouveauté et se laisse séduire par dautres alternatives. Cela permettrait de répartir le flux touristique, de diminuer leffet de masse. Et bien sûr, tous les désagréments qui sensuivent.