Toulon: hommage à terre aux disparus de La Minerve – Le Figaro

Toulon: hommage à terre aux disparus de La Minerve - Le Figaro

Toulon : Comme si on allait se recueillir sur leurs cercueils , la Marine organise deux cérémonies dhommage aux disparus de la Minerve

Le 22 juillet 2019, lépave de ce sous-marin militaire a été retrouvée, 51 ans après son naufrage. 52 personnes ont perdu la vie dans ce drame, un hommage leur sera rendu ce weekend à Toulon, dans le Var.

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète T'as vu ? Fake Off By the Web High-Tech Podcast Vidéos En Images Voyage Guide d'achat Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Société Les familles des victimes de la Minerve vont pouvoir achever leur deuil

HOMMAGE Larmée organise deux cérémonies dhommage aux marins de la Minerve, ce sous-marin disparu au large de Toulon en 1968 et localisé en juillet dernier

Hervé Fauve va enfin pouvoir dire au revoir à son père. Deux mois après la découverte de lépave de la Minerve, ce sous-marin disparu au large de Toulon, dans le Var, en 1968, larmée organise deux cérémonies dhommage, une première samedi à terre, puis dimanche en mer, aux marins disparus. Après 50 ans dattente, les familles des victimes vont pouvoir terminer leur deuil, même si certaines questions restent en suspens. Et notamment pour Hervé Fauve, dont le père était le commandant de la Minerve, et qui na jamais cessé de se battre pour la reprise des recherches.

Hervé Fauve va enfin pouvoir dire au revoir à son père. Deux mois après la découverte de lépave de la Minerve, ce sous-marin disparu au large de Toulon, dans le Var, en 1968, larmée organise deux cérémonies dhommage, une première samedi à terre, puis dimanche en mer, aux marins disparus. Après 50 ans dattente, les familles des victimes vont pouvoir terminer leur deuil, même si certaines questions restent en suspens. Et notamment pour Hervé Fauve, dont le père était le commandant de la Minerve, et qui na jamais cessé de se battre pour la reprise des recherches.

Dans un premier temps, ce fut un énorme soulagement. Comme un aboutissement davoir contribué de façon décisive à la reprise des recherches. Cette incertitude prenait fin. Mais cette annonce a aussi été un choc émotionnel très intense, je ne my attendais pas. Je ne suis dailleurs pas le seul à avoir réagi ainsi. Quand jai appelé les autres familles, à chaque fois javais la même impression que ça venait de se produire. Comme si je venais dapprendre la disparition dun fils à une mère, ou dun époux à une veuve. Cétait très intense.

Cest la première fois quune cérémonie sera rendue sur le lieu même de la catastrophe, ce sera quelque chose de très fort. Un peu comme si on allait se recueillir sur le cercueil des marins. Ce sera forcément un moment démotion puisque ce sera la première fois que je me rends sur les lieux de la disparition de mon père.

Il sagit simplement dune contrainte de place sur le bateau sur lequel sera donnée la cérémonie de dimanche, sur le lieu du drame. Il était important de célébrer ce moment avec tous ceux qui sont avec nous depuis le début à nos côtés, ou par la pensée. Cest pourquoi nous souhaitions quils se joignent à nous, mais ce nest malheureusement pas possible en mer, ce sera donc samedi, à terre. Plutôt que de les exclure, nous tenions à célébrer les morts avec eux.

En 1968, les cellules psychologiques n’existent pas, l’assistance aux familles est réduite à une poignée de main compassée au moment de l’annonce du décès et chacun se débrouille avec sa peine. « Lors de la cérémonie à Toulon, le 8 février 1968, pendant le discours du général de Gaulle, il n’y a pas eu de pleurs, pas un reniflement. Rien. Je me souviens avoir accusé le coup lors du discours de de Gaulle. Ma mère m’a dit : “Montre-toi digne des Gomez” »… Après cette cérémonie, ses parents ne gardent des contacts qu’avec la famille Schultz. « Mes parents n’ont jamais voulu faire partie d’associations. On n’a plus jamais parlé du naufrage, mais plus rien n’a été comme avant, ni pour mes parents ni pour moi… Ils n’ont rien gardé de Serge. Moi je n’ai plus qu’une marinière à lui, avec un accroc à la manche. »

Dans un premier temps, ce fut un énorme soulagement. Comme un aboutissement davoir contribué de façon décisive à la reprise des recherches. Cette incertitude prenait fin. Mais cette annonce a aussi été un choc émotionnel très intense, je ne my attendais pas. Je ne suis dailleurs pas le seul à avoir réagi ainsi. Quand jai appelé les autres familles, à chaque fois javais la même impression que ça venait de se produire. Comme si je venais dapprendre la disparition dun fils à une mère, ou dun époux à une veuve. Cétait très intense.

Serge a 20 ans en 1968 et la vie devant lui. Elle s’arrête ce funeste 27 janvier quand le sous-marin disparaît au large de Toulon. « J’attendais d’entrer chez Peugeot et je me souviens de ces journées. On devait être la dernière famille du quartier à ne pas avoir la télé. Je passais mon temps l’oreille collée au poste de radio. » Les recherches durent trois jours et l’annonce tombe. La Minerve est portée disparue avec, à son bord, 52 marins. Parmi eux, Serge donc, quartier-maître détecteur ASH, mais aussi le quartier-maître Jean-Claude Buhler, le premier-maître Richard Rich de Mulhouse, le quartier-maître Daniel Schultz d’Ingersheim et le matelot Jacques Priard de Strasbourg. Près de 10 % de l’équipage est alsacien…

Dun certain côté, le deuil se fait en deux temps. Un premier débuté en 1968, même sil me manquait la réponse de savoir où était le corps de mon père et celle de savoir ce quil sétait passé ? Il était jusqualors impossible de répondre, ce qui générait un doute immense, et un certain malaise lié au sentiment de ne pas avoir fait ce quil fallait, comme un goût dinachevé.

Létat de la Minerve permet déliminer certaines hypothèses qui avaient été avancées jusqualors. Il ne sagit pas dun accident lié à la barre arrière, ni de la défaillance dun tuyau dair, ou dune entrée deau. Nous avons la certitude que ça sest passé en une fraction de seconde, mais quil ne sagit pas non plus dune implosion. Lextérieur du sous-marin est resté intact jusquà ce quil touche le fond. Ce nest pas non plus une torpille puisquil y aurait eu une entrée deau. Avec laide de dizaines, voire de centaines de marins à la retraite, nous travaillons sur cette question. Grâce à leur expertise, ils analysent le moindre élément dont nous disposons. Mais il est encore trop tôt pour formuler nos hypothèses, qui pourraient être remises en cause avec de nouvelles découvertes.