“Gilets jaunes” : appel au boycott après lagression de journalistes à …

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“Ils avaient la bave aux lèvres” : un journaliste de BFMTV visé par des “gilets jaunes” à Toulouse raconte …

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète High-Tech By the Web T'as vu ? 20 Minutes Podcast Vidéos En Images Guide d'achat Le direct Jeux Services PDF Menu complet Retour à laccueil Société La violence à l'égard les journalistes est inquiétante pour la démocratie

Avec le mouvement des  gilets jaunes , le rejet du pouvoir politique saccompagne dune défiance envers les médias. Une rupture entre la presse et les citoyens, qui sest traduite par de multiples agressions ces derniers jours. Des journalistes de C News et de BFM TV ont été violentés par plusieurs dizaines de manifestants, samedi à Toulouse.

Jean-Wilfrid Forquès raconte la scène sur le site de BFM, affirmant : Jai vu foncer sur moi un tsunami de gilets jaunes”. Ils étaient déterminés selon lui à “casser du journaliste”. Les deux journalistes ont été poursuivis, puis exfiltrés par deux agents chargés de leur sécurité. Jean-Wilfrid Forquès a trouvé refuge dans un magasin, quil a pu quitter seulement une fois que les CRS ont dispersé la foule réunie devant. Ils ont porté plainte pour “tentative dagression en réunion”. Nous porterons plainte à chaque fois que ce type dévénements se produira, a annoncé la directrice de la rédaction, Céline Pigalle.

 Plusieurs personnes ont commencé à me donner des coups de pied et me pousser afin de me faire chuter , a rapporté dans sa plainte Jean-Luc Thomas, qui couvrait la manifestation toulousaine pour C News. Le même jour, un journaliste de Midi Libre a essuyé des coups  dans la tête et dans le dos , alors que des centaines de  gilets jaunes  sétaient donné rendez-vous devant les locaux du quotidien, à Béziers.

Les gilets jaunes nont pas rassemblé autant de monde que la manifestation contre les violences faites aux femmes dans plusieurs villes de France, ce 24 novembre. Pourtant, ils ont bénéficié dune couverture médiatique largement supérieure, notamment dans les JT de 20H. Mais quand bien même : les personnes mobilisées contre la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir dachat napprécient pas la présence des caméras. Une équipe de BFMTV en a fait les frais, en étant victime dune tentative de lynchage, selon ses propres termes. La direction de la chaîne a décidé de porter plainte.

 Tout notre soutien aux journalistes de @CNEWS qui ont été agressés, harcelés, poursuivis hier partout en France lors de la manifestation des gilets jaunes.Nous faisons bien sûr la différence entre les manifestants pacifistes et les agresseurs La Direction de #CNEWS

Cest à Toulouse, place du Capitole, que Jean-Wilfrid Forquès, grand reporter pour BFMTV et RMC, et Maxime Sounillac, JRI de lagence de presse AIMV, ont été pris à parti par des dizaines de “gilets jaunes” en colère. Sous les cris de “BFM collabos !” ils ont été menacés de la sorte : Maintenant vous dégagez sinon on vous défonce. 

Toulouse: deux journalistes de BFMTV ont porté plainte après avoir été pris à partie par des gilets jaunes pic.twitter.com/RjaDEYo2IW

BFMTV assure avoir été particulièrement visée par les manifestants. Samedi soir dernier, un reporter a reçu un oeuf pendant un direct sur les Champs-Élysées; une plainte a été déposée. Lundi soir, plusieurs dizaines de “gilets jaunes” se sont présentés au pied de la rédaction parisienne de la chaîne, selon sa direction.

Journalistes agressés lors des manifestations des gilets jaunes : des plaintes déposées

Le 18 novembre, cest une journaliste montpelliéraine qui a été prise à partie par des manifestants. Céline a été violemment insultée par une centaine de personnes, deux individus lui ont craché dessus, alors quelle réalisait un reportage pour BFM TV.  Je me suis sentie humiliée pour la première fois de ma vie, témoigne-t-elle. Un mauvais moment, très mauvais moment. Jai cru que jallais fondre en larmes, mais jai tenu. 

A Béziers deux journalistes du quotidien “Midi Libre” ont également déposé plainte pour dégradation de lagence locale et des coups portés par des “gilets jaunes” sur lun deux. “Je me suis fait courser” A Toulouse, les faits se sont déroulés à proximité de la place du Capitole, où les manifestants étaient rassemblés. 

Pour Virginie Sassoon, enseignante et docteure en sciences de linformation et de la communication à lInstitut français de presse, cette violence grandissante est  inquiétante pour la démocratie .  La violence envers les journalistes nest pas née avec le mouvement des gilets jaunes, indique lenseignante. Cette rupture de confiance intervient dans un climat de défiance général à légard de lautorité politique, mais aussi des scientifiques, de la médecine, de lécole… Et des médias. Avec lavènement des réseaux sociaux, les citoyens sinforment de manière très fragmentée, et ceux qui pensent que linformation est manipulée trouvent des sources pour confirmer quils ont raison. Mais il y a une prise de conscience des journalistes, qui sont nombreux à se mobiliser, notamment auprès des jeunes, pour expliquer leur métier. 

Partager sur Twitter Partager par mail Commenter cet article Une “tentative de lynchage”, des insultes et des coups. Les journalistes des équipes de BFMTV et CNews ont porté plainte pour “violences aggravées” et “tentative dagression en réunion”après avoir été agressés alors quils couvraient la mobilisation des gilets jaunes ce samedi à Toulouse. 

Tenter de retisser un lien entre les citoyens et les médias est au cœur de #Payetoiunjournaliste. Ce mouvement, né à Montpellier, a été créé par huit journalistes. Sur la page Facebook du collectif, internautes et journalistes tentent de débattre sur cette défiance à légard des médias. Même si ce nest pas toujours facile.

 Cela faisait plusieurs mois que lon réfléchissait à une action pour renouer ce lien, indique Coralie Pierre, pigiste, lune des journalistes à linitiative du mouvement. Lactualité a fait quil a fallu que lon agisse vite. Nous avons souhaité ouvrir le groupe au public, pour tenter de déconstruire les préjugés, même si lon savait que lon sexposait à un travail important de modération. Parmi les critiques qui reviennent le plus souvent, lidée que les journalistes seraient déconnectés de la réalité du terrain, ou quils diffuseraient mal linformation, que le pouvoir politique nous soufflerait ce quil faut écrire, ou les images quil faut tourner. Nous tentons de faire preuve de pédagogie. 

Mise à jour : Dimanche soir, le directeur de linformation de la chaîne Via Occitanie a décidé de suspendre pour 24 heures la couverture de lactualité autour des  gilets jaunes .  Nous ferons le point lundi pour arrêter une décision mais nous ne pourrons pas continuer à rendre compte de lactualité de ce mouvement si la sécurité des journalistes nest pas garantie , indique Jean Brun, sur Twitter.

#Thread Inacceptable !Les récentes agressions subies par des journalistes notamment à #Toulouse et #Montpellier, mont conduit en concertation avec notre PDG, à suspendre la couverture de lactualité des #GiletsJaunes par la rédaction de #viàOccitanie pour 24 heures.

Du côté de la concurrence, le mouvement Gilets jaunes a également fait les audiences de CNews et LCI, avec une moyenne à 3,2 % pour la première (contre 0,6 % en octobre) et 2,7 % pour la seconde (contre 0,7 % en octobre). Dans les deux cas, des records historiques.

Dans plusieurs villes du sud de la France, des journalistes de BFM TV, CNews et le Midi libre ont été insultés, menacés voire frappés par des manifestants en colère

La défiance dune partie des Français envers les journalistes se confirme et a donné lieu à de violents incidents lors de rassemblements des Gilets jaunes ce samedi 24 novembre. Des reporters de BFM TV et CNews ont été violemment pris à partie par la foule en colère sur la place du Capitole à Toulouse. Jean-Luc Thomas, journaliste de CNews qui a porté plainte pour “violences aggravées lors dune manifestation sur la voie publique”, a raconté à lAFP avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille deau en plein visage, avant dêtre “coursé” dans une rue adjacente.

Deux de ses confrères de BFM TV ont raconté à lAFP que la situation a dégénéré quand les manifestants “ont vu BFMTV sur le terrain”. “Cétait un véritable lynchage, et la cible cétait BFMTV”, a déclaré Jean-Wilfrid Forquès, qui couvrait lévénement avec le reporter dimages Maxime Sounillac et deux gardes de sécurité. Les journalistes, qui ont eux aussi couru pour échapper à la foule en colère, ont porté plainte pour “tentative dagression en réunion”. Leur récit est partiellement corroboré par une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un compte se réclamant des “Gilets jaunes Toulouse”, où on entend notamment les manifestants scander “BFM collabo”.