“Gilets jaunes” : le maire de Toulouse condamne lagression …

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Gilets Jaunes : solidaire des journalistes agressés, Actu Toulouse continue sa mission dinformation

Des invectives, des insultes, puis des coups de pieds, des crachats, une bouteille d’eau jetée en pleine figure et enfin une course poursuite dans les rues de Toulouse, après des menaces de lynchage au son de collabos et on va vous faire la peau .

C’est ce que nos confrères Jean-Wilfried Forquès, Maxime Sounillac (BFM TV) et Jean-Luc Thomas (CNews) ont vécu à l’occasion d’une manifestation de Gilets Jaunes, place du Capitole à Toulouse, samedi 24 novembre 2018 *. 

Cinq journalistes de CNews et de BFMTV ont porté plainte après avoir été agressés par des manifestants samedi lors de la mobilisation des Gilets jaunes à Toulouse.

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S’il est peu dire que nous condamnons avec la plus grande fermeté les comportements violents exercés contre nos confrères, si nos amis journalistes peuvent être assurés de notre plus grande solidarité à leurs égards, nous continuerons malgré tout d’assurer la couverture médiatique des manifestations des Gilets Jaunes. Nous estimons que c’est la meilleure réponse à apporter.

La défiance dune partie des Français envers les journalistes se confirme et a donné lieu à de violents incidents lors de rassemblements des Gilets jaunes ce samedi 24 novembre. Des reporters de BFM TV et CNews ont été violemment pris à partie par la foule en colère sur la place du Capitole à Toulouse. Jean-Luc Thomas, journaliste de CNews qui a porté plainte pour “violences aggravées lors dune manifestation sur la voie publique”, a raconté à lAFP avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille deau en plein visage, avant dêtre “coursé” dans une rue adjacente.

Réduire ce mouvement social à des actes inqualifiables au prétexte qu’une poignée d’individus profite de lui pour s’agiter odieusement est la meilleure façon de fabriquer les amalgames les plus injustifiés. 

Dans plusieurs villes du sud de la France, des journalistes de BFM TV, CNews et le Midi libre ont été insultés, menacés voire frappés par des manifestants en colère

Nous croyons qu’il est de notre devoir de discerner, au sein de ce mouvement, la sincérité des protestations et les actes anti-démocratiques. Et de le dire !

Refuser de suivre les actions des Gilets Jaunes parce qu’une minorité s’est persuadée, sans jamais étayer ses propos ou avancer le moindre argument, que les médias orientent leurs informations et/ou qu’ils sont les complices du pouvoir en place, revient à donner raison à cet espèce d’extrémisme et faire valoir son mensonge.

Les gilets jaunes nont pas rassemblé autant de monde que la manifestation contre les violences faites aux femmes dans plusieurs villes de France, ce 24 novembre. Pourtant, ils ont bénéficié dune couverture médiatique largement supérieure, notamment dans les JT de 20H. Mais quand bien même : les personnes mobilisées contre la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir dachat napprécient pas la présence des caméras. Une équipe de BFMTV en a fait les frais, en étant victime dune tentative de lynchage, selon ses propres termes. La direction de la chaîne a décidé de porter plainte.

Nous croyons qu’il est de notre devoir de continuer à assumer notre mission d’information, selon nos valeurs d’humanisme et nos principes éthiques : dire sans nuire, montrer sans choquer, témoigner sans agresser, dénoncer sans condamner. 

Martin Luther King avait raison en devisant ainsi :  L’obscurité ne peut chasser les ténèbres ; seule la lumière le peut .

BFMTV assure avoir été particulièrement visée par les manifestants. Samedi soir dernier, un reporter a reçu un oeuf pendant un direct sur les Champs-Élysées; une plainte a été déposée. Lundi soir, plusieurs dizaines de “gilets jaunes” se sont présentés au pied de la rédaction parisienne de la chaîne, selon sa direction.

Pascal Pallas Editeur et rédacteur en chef d’Actu Toulouse Vice-président de l’Association des journalistes de Toulouse (AJT)

Agressé par des gilets jaunes, le reporter de BFM TV Jean-Wilfried Forquès témoigne : “Ils voulaient se faire un journaliste” – actu – Télé 2 semaines

* Ces agressions s’ajoutent à à celles de deux journalistes de Midi Libre molestés à Béziers (Hérault) le même jour, aux menaces verbales régulièrement proférées à l’endroit de plusieurs de nos confrères, à l’instar de Laurent Dubois, journaliste à France 3 Occitanie, harcelé pour avoir enquêté sur le parcours politique d’une figure des Gilets Jaunes.

Une partie des médias de la région toulousaine a appelé dimanche à boycotter la couverture des actions des "gilets jaunes", au lendemain de la tentative dagression de journalistes, qui a donné lieu à deux nouvelles plaintes à lhôtel de police de Toulouse, a-t-on appris auprès des plaignants.

Les Gilets jaunes boostent les audiences de BFM TV (et aussi de CNews et LCI)

Au total, cinq journalistes de CNEWS et BFMTV ont porté plainte pour "violences aggravées", "menaces de mort", "tentative dagression en réunion", samedi et dimanche, relatant avoir, lors dune manifestation des gilets jaunes place du Capitole samedi, reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille deau en plein visage, et avoir été poursuivis dans les rues toulousaines.

"Il y avait environ entre 50 et 100  personnes qui ont commencé à sen prendre à nous, les reporters", stipule lune des deux nouvelles plaintes déposées dimanche. 

"Les manifestants criaient +BFM collabo, les journalistes, on va vous faire la peau", peut-on lire sur le procès-verbal de police dont lAFP a eu une copie. 

Pour Virginie Sassoon, enseignante et docteure en sciences de linformation et de la communication à lInstitut français de presse, cette violence grandissante est  inquiétante pour la démocratie .  La violence envers les journalistes nest pas née avec le mouvement des gilets jaunes, indique lenseignante. Cette rupture de confiance intervient dans un climat de défiance général à légard de lautorité politique, mais aussi des scientifiques, de la médecine, de lécole… Et des médias. Avec lavènement des réseaux sociaux, les citoyens sinforment de manière très fragmentée, et ceux qui pensent que linformation est manipulée trouvent des sources pour confirmer quils ont raison. Mais il y a une prise de conscience des journalistes, qui sont nombreux à se mobiliser, notamment auprès des jeunes, pour expliquer leur métier. 

En outre, un reporter de CNEWS qui avait porté plainte samedi sest à nouveau rendu au commissariat dimanche pour une déposition concernant des tentatives dintimidation sur les réseaux sociaux, où des personnes se réclamant des "gilets jaunes" ont proclamé connaître ladresse du journaliste.

Comment un journaliste de BFM-TV a failli mourir (de peur) à Toulouse

En conséquence, plusieurs journalistes de la région ont lancé dimanche un appel au boycott de la couverture des gilets jaunes, "en solidarité avec (les) collègues toulousains agressés". 

Journalistes pris à partie à Toulouse: appel au boycott de la couverture des “gilets jaunes”

Lappel, relayé par le Club de la presse Occitanie qui "condamne les agressions" et sinquiète des "actes de violences qui samplifient", a été suivi par plusieurs rédactions régionales, à commencer par BFMTV et CNEWS, mais aussi M6 et Via Occitanie. 

Deux de ses confrères de BFM TV ont raconté à lAFP que la situation a dégénéré quand les manifestants “ont vu BFMTV sur le terrain”. “Cétait un véritable lynchage, et la cible cétait BFMTV”, a déclaré Jean-Wilfrid Forquès, qui couvrait lévénement avec le reporter dimages Maxime Sounillac et deux gardes de sécurité. Les journalistes, qui ont eux aussi couru pour échapper à la foule en colère, ont porté plainte pour “tentative dagression en réunion”. Leur récit est partiellement corroboré par une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un compte se réclamant des “Gilets jaunes Toulouse”, où on entend notamment les manifestants scander “BFM collabo”.

Les gilets jaunes dopent les audiences de BFMTV, C-News et LCI

"Nous faisons bien-sûr la différence entre les manifestants pacifistes et les agresseurs", a tweeté dimanche la direction de CNEWS, qui dit son "soutien" aux journalistes "agressés, harcelés". "Ces comportements sont intolérables", avait réagi samedi celle de BFMTV. 

Des reporters de BFM TV et CNews ont été violemment pris à partie par la foule en colère sur la place du Capitole à Toulouse. Jean-Luc Thomas, journaliste de CNews qui a porté plainte pour “violences aggravées lors dune manifestation sur la voie publique”, a raconté à lAFP avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille deau en plein visage, avant dêtre “coursé” dans une rue adjacente.

“Ils avaient la bave aux lèvres” : un journaliste de BFMTV visé par des “gilets jaunes” à Toulouse raconte son agression

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a apporté "sa solidarité totale, tant aux journalistes agressés quà ceux qui souhaiteraient légitimement faire valoir leur droit de retrait auprès de leur direction". 

Alors que le rassemblement des Gilets jaunes à Paris a dramatiquement dégénéré sur les Champs-Elysées ce 24 novembre, quelques actes de violences ont aussi maculé le mouvement en province. Certains visant des journalistes des chaînes info.

"Les journalistes ne sont pas des cibles. Informer nest pas un délit. Chacun doit comprendre que sen prendre aux journalistes, cest sen prendre à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie", a ajouté le SNJ dans un communiqué.

France 3 Occitanie a dit privilégier dautres solutions : "On a prévu un reportage de réaction des +gilets jaunes+ sur ce qui sest passé hier (samedi), ainsi quun plateau pour exprimer notre solidarité et rappeler que lorsquon commence à agresser des journalistes dont le seul tort est de faire leur métier, cela pose quand même des questions sur la vision quon a de la démocratie", a expliqué à lAFP son rédacteur en chef Léo Lamberton. 

"Je déplore complètement ce qui a pu arriver aux copains mais je ne pense pas que la bonne réponse soit de fermer la porte, au contraire", a expliqué à lAFP un reporter radio pour lequel "ne pas couvrir ce conflit social ne ferait que conforter les quelques dizaines de fascistes au milieu de cet océan de sincérité".

Dans un courriel envoyé dimanche matin aux "gilets jaunes" en Haute-Garonne, Yves Garrec, un des responsables du mouvement, a affiché son "soutien à tous les reporters agressés" et appelé à respecter les journalistes, "majoritairement intègres", au nom de la démocratie.

Deux journalistes du quotidien régional Midi Libre ont aussi déposé plainte samedi à Béziers (Hérault) pour dégradation de lagence locale et des coups portés par des "gilets jaunes" sur lun deux.

Contactée par lAFP, la rédaction en chef de la Dépêche du Midi navait pas répondu dimanche en fin de journée.