“Gilets jaunes” : le maire de Toulouse condamne lagression …

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[Vidéo] Une équipe de BFMTV victime dune tentative de lynchage à Toulouse

Les gilets jaunes nont pas rassemblé autant de monde que la manifestation contre les violences faites aux femmes dans plusieurs villes de France, ce 24 novembre. Pourtant, ils ont bénéficié dune couverture médiatique largement supérieure, notamment dans les JT de 20H. Mais quand bien même : les personnes mobilisées contre la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir dachat napprécient pas la présence des caméras. Une équipe de BFMTV en a fait les frais, en étant victime dune tentative de lynchage, selon ses propres termes. La direction de la chaîne a décidé de porter plainte.

Cest à Toulouse, place du Capitole, que Jean-Wilfrid Forquès, grand reporter pour BFMTV et RMC, et Maxime Sounillac, JRI de lagence de presse AIMV, ont été pris à parti par des dizaines de “gilets jaunes” en colère. Sous les cris de “BFM collabos !” ils ont été menacés de la sorte : Maintenant vous dégagez sinon on vous défonce. 

⚡🇫🇷VIDÉO – "#BFM collabo". Plusieurs personnes sen sont pris verbalement à des équipes de télévision lors de la manifestation des #Giletsjaunes à Toulouse. (📹FB) pic.twitter.com/wxXLhSTsx8

Marine Le Pen, qui se pose généralement en victime des médias, a affirmé lundi que les "gilets jaunes" ne devaient "pas sen prendre aux journalistes". "Evidemment je peux comprendre la colère dun certain nombre de gens qui ont le sentiment que leur parole est systématiquement diminuée, caricaturée, ridiculisée", a toutefois aussitôt précisé sur BFMTV-RMC la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN).

Jean-Wilfrid Forquès raconte la scène sur le site de BFM, affirmant : Jai vu foncer sur moi un tsunami de gilets jaunes”. Ils étaient déterminés selon lui à “casser du journaliste”. Les deux journalistes ont été poursuivis, puis exfiltrés par deux agents chargés de leur sécurité. Jean-Wilfrid Forquès a trouvé refuge dans un magasin, quil a pu quitter seulement une fois que les CRS ont dispersé la foule réunie devant. Ils ont porté plainte pour “tentative dagression en réunion”. Nous porterons plainte à chaque fois que ce type dévénements se produira, a annoncé la directrice de la rédaction, Céline Pigalle.

Particulièrement visée, BFMTV fait accompagner depuis quelques jours par des vigiles tous ses journalistes qui couvrent le mouvement. "Cest de plus en plus infernal", a réagi auprès de lAFP Hervé Béroud, directeur du pôle information dans laudiovisuel chez Altice France, la maison-mère de BFMTV. "Ce nest pas la première fois quil y a des violences mais on a franchi un palier".

La @SDJ_AFP est signataire de ce texte de soutien des Sociétés de Journalistes (SDJ) de RMC et de BFMTV à nos confrères Jean-Wilfrid Forquès, Maxime Sounillac et Jean-Luc Thomas pic.twitter.com/yVzX4zVE17

Les gilets jaunes dopent les audiences de BFMTV, C-News et LCI

Par ailleurs, la députée LREM Mireille Robert a été envahie vendredi soir près de Limoux (Aude) par une quarantaine de “gilets jaunes” encagoulés et casqués. Elle a porté plainte pour “intrusion” et dénoncé “une dérive violente inacceptable”.

Jean-Wilfrid Forquès raconte les faits suivants : “Nous suivions une manifestation denviron 1 000 personnes près du Capitole. Quand nous étions à côté deux, on a entendu toute une série de “compliments” : “cette chaîne de merde”, “enfoirés de BFM”. Nous avons changé dendroit pour faire une image en direct. Jai dit à mon JRI, “on va se mettre là, il y a cinq CRS, on sera en sécurité”. Mais les policiers sont partis. A ce moment-là, nous avons été serrés. 200 personnes se sont rapprochées de nous. Pour la première fois de ma vie, je travaillais avec une bonnette noire [la mousse du micro est habituellement bleue avec le logo de la chaîne, ndlr], mais jai beau avoir une bonnette rouge, verte à damier ou à carreau, à Toulouse, je suis identifié. Pendant de longues minutes, ils ont crié “BFM collabo, BFM collabo”. Ça, cest le premier truc quon noublie pas. CNews a aussi été prise à partie.”

“Ils avaient la bave aux lèvres” : victime dune tentative de lynchage, le journaliste de BFM TV Jean-Wilfrie

Cette nuit, 40 hommes casqués et cagoulés se sont introduits chez moi, allumant un feu et proférant des menaces. 40 contre une famille sur un domaine isolé, chapeau le courage ! Enfuis dès larrivée des gendarmes. Cette dérive violente nest pas acceptable #GiletsJaunes @LaREM_AN

“Cétait un véritable lynchage, et la cible cétait BFMTV” : des reporters hués et coursés par des Gilets jaunes (VIDEOS) – actu – Télé 2 semaines

Des invectives, des insultes, puis des coups de pieds, des crachats, une bouteille d’eau jetée en pleine figure et enfin une course poursuite dans les rues de Toulouse, après des menaces de lynchage au son de collabos et on va vous faire la peau .

“Ils avaient la bave aux lèvres” : un journaliste de BFM TV visé par des “gilets jaunes” à Toulouse raconte son agression

C’est ce que nos confrères Jean-Wilfried Forquès, Maxime Sounillac (BFM TV) et Jean-Luc Thomas (CNews) ont vécu à l’occasion d’une manifestation de Gilets Jaunes, place du Capitole à Toulouse, samedi 24 novembre 2018 *. 

Des journalistes de BFM TV et CNews insultés et chassés par des Gilets jaunes (VIDEOS)

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Et de poursuivre, en décrivant le moment où la situation a vraiment dérapé : “Au bout dun moment, un mec a donné le top départ, en criant “dégagez, sinon on vous défonce”. Cétait des mecs avec des “gilets jaunes”, mais ils avaient la bave aux lèvres. Ils avaient la haine, ils voulaient se faire un journaliste. Vingt à trente personnes mont foncé dessus, jai fait 100 m en sprintant, en me disant “si tu tombes, cest terminé”. Jai voulu dabord me réfugier dans un fourgon de police mais il était vide, je suis rentré dans un magasin et mes deux gardes du corps ont fait écran. Ils ont été monstrueux, remarquables. La police a ensuite chargé pour éloigner les manifestants.”

S’il est peu dire que nous condamnons avec la plus grande fermeté les comportements violents exercés contre nos confrères, si nos amis journalistes peuvent être assurés de notre plus grande solidarité à leurs égards, nous continuerons malgré tout d’assurer la couverture médiatique des manifestations des Gilets Jaunes. Nous estimons que c’est la meilleure réponse à apporter.

VIDEO. Gilets jaunes: La violence envers les journalistes est inquiétante pour la démocratie

Réduire ce mouvement social à des actes inqualifiables au prétexte qu’une poignée d’individus profite de lui pour s’agiter odieusement est la meilleure façon de fabriquer les amalgames les plus injustifiés. 

La défiance dune partie des Français envers les journalistes se confirme et a donné lieu à de violents incidents lors de rassemblements des Gilets jaunes ce samedi 24 novembre. Des reporters de BFM TV et CNews ont été violemment pris à partie par la foule en colère sur la place du Capitole à Toulouse. Jean-Luc Thomas, journaliste de CNews qui a porté plainte pour “violences aggravées lors dune manifestation sur la voie publique”, a raconté à lAFP avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille deau en plein visage, avant dêtre “coursé” dans une rue adjacente.

Nous croyons qu’il est de notre devoir de discerner, au sein de ce mouvement, la sincérité des protestations et les actes anti-démocratiques. Et de le dire !

Dans plusieurs villes du sud de la France, des journalistes de BFM TV, CNews et le Midi libre ont été insultés, menacés voire frappés par des manifestants en colère

BFM, collabos: trois journalistes conspués à la mobilisation toulousaine des Gilets jaunes (VIDEO)

Refuser de suivre les actions des Gilets Jaunes parce qu’une minorité s’est persuadée, sans jamais étayer ses propos ou avancer le moindre argument, que les médias orientent leurs informations et/ou qu’ils sont les complices du pouvoir en place, revient à donner raison à cet espèce d’extrémisme et faire valoir son mensonge.

Gilets jaunes : des journalistes portent plainte, un appel au boycott du mouvement lancé

Nous croyons qu’il est de notre devoir de continuer à assumer notre mission d’information, selon nos valeurs d’humanisme et nos principes éthiques : dire sans nuire, montrer sans choquer, témoigner sans agresser, dénoncer sans condamner. 

Martin Luther King avait raison en devisant ainsi :  L’obscurité ne peut chasser les ténèbres ; seule la lumière le peut .

Alors que le rassemblement des Gilets jaunes à Paris a dramatiquement dégénéré sur les Champs-Elysées ce 24 novembre, quelques actes de violences ont aussi maculé le mouvement en province. Certains visant des journalistes des chaînes info.

Pascal Pallas Editeur et rédacteur en chef d’Actu Toulouse Vice-président de l’Association des journalistes de Toulouse (AJT)

* Ces agressions s’ajoutent à à celles de deux journalistes de Midi Libre molestés à Béziers (Hérault) le même jour, aux menaces verbales régulièrement proférées à l’endroit de plusieurs de nos confrères, à l’instar de Laurent Dubois, journaliste à France 3 Occitanie, harcelé pour avoir enquêté sur le parcours politique d’une figure des Gilets Jaunes.