Toulouse: ouverture du procès du meurtre de Patricia Bouchon – Le Figaro

Toulouse: ouverture du procès du meurtre de Patricia Bouchon - Le Figaro

Toulouse: La famille de Patricia Bouchon ne veut pas que son meurtre reste impuni

VIDÉO – Renvoyé devant les assises de la Haute-Garonne contre lavis de lavocat général, Laurent Dejean est jugé pendant deux semaines pour le meurtre dune joggeuse en février 2011. Il encourt 30 ans de prison.

De ce jeudi 14 mars au vendredi 29 mars, la cour dassises de Toulouse est chargée de juger Laurent Dejean pour le meurtre de Patricia Bouchon. Coïncidence du calendrier: si lagenda prévisionnel des audiences est respecté, la cour dassises de Toulouse pourrait rendre son verdict huit ans jour pour jour après la découverte du corps de Patricia Bouchon, le 29 mars 2011, à Villematier (Haute-Garonne).

Commence alors un exceptionnel travail denquête, selon les mots des juges dinstruction dans leur ordonnance de mise en accusation. Pendant quatre ans et demi, une cellule spécialement dédiée à la gendarmerie va tenter de mettre la main sur le meurtrier de celle quils ont baptisée la joggeuse de Bouloc, du nom de cette commune où elle vit, à 25 km de Toulouse. Demblée, la piste familiale est écartée. Les époux Bouchon sont mariés depuis 1982, ils ont une fille de 26 ans et ne semblent connaître aucune difficulté conjugale. Les enquêteurs envisageront pas moins de… 61 hypothèses. Ils vont répertorier les incidents survenus dans la région concernant des joggeuses, identifier toutes les personnes ayant retiré de largent dans les parages, interroger celles inscrites au Fichier des auteurs dinfractions sexuelles (Fijais) dans un secteur géographique proche et surtout chercher tous les témoins susceptibles davoir entendu quelque chose cette nuit-là. Ils en retireront deux informations clés : un couple a perçu, entre 4h30 et 4h45, un cri aigu pensant au début à un cri de bête avant de penser quil pouvait finalement sagir dun cri de femme. Puis les pleurs dun homme et ces mots répétés à six ou sept reprises : Excuse-moi. Ensuite, il y a le témoignage décisif de cet homme, qui, se rendant au travail, a croisé Partricia Bouchon en train de faire son jogging. Quelques secondes après, il a repéré une Renault Clio grise stationnée en sens inverse au milieu de la route. Le conducteur seul à bord portait un bonnet noir et une barbe naissante.

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : laccusé devant les assises

Le cauchemar des proches de Patricia Bouchon a commencé le 14 février 2011. Comme tous les matins, cette mère de famille de 49 ans se lève aux aurores pour aller courir avant de prendre le bus qui la mène de son petit village de Bouloc au cabinet davocats toulousain dans lequel elle travaille comme secrétaire. Inquiet de ne pas la voir revenir, son mari Christian la cherche dabord de son côté, avant de donner lalerte.

Sensuivent des semaines de recherches, dangoisse et de questions. Très vite, les investigations sorientent vers la piste dune agression grave. Du sang, un chouchou et une boucle doreille appartenant à la joggeuse sont retrouvés non loin de son domicile. Le 29 mars, un chasseur découvre un corps dans une canalisation à Villematier, un village situé à une douzaine de kilomètres de Bouloc.

Placé en garde à vue, le plaquiste de 39 ans ne cesse de répéter quil est étranger au crime. Il fournissait des réponses toutes aussi évasives que confuses, opposant être sujet à dimportants et opportuns troubles de mémoire, indiquent les magistrats instructeurs qui se focalisent sur sa personnalité instable. Neuf jours après le meurtre de Patricia Bouchon, Laurent Dejean a en effet subitement changé de comportement et consulté un psychiatre. Il sera ensuite hospitalisé pour suspicion de schizophrénie paranoïde. De même, il arrêtera de consommer de la drogue, alors quil était connu pour être dépendant à diverses substances. Quant à sa mère et son ex-compagne, elles relatent des accès de violence dans son passé, à chaque fois suivis dexcuses. Lensemble de ces éléments mis en perspective militent incontestablement et objectivement en faveur de limplication de la personne mise en examen dans la commission du meurtre même si les raisons y ayant présidé demeurent obscures, écrivent les juges dinstruction. Autrement dit : ils se passeront de mobile.

Les tests ADN établissent rapidement quil sagit de celui de la quadragénaire. Avant sa mort par strangulation, cette dernière a subi dimportantes violences, comme en témoignent les traces de coups sur son visage, ses vertèbres brisées, son crâne enfoncé. Un de ses gants est retrouvé au fond de sa gorge. Aucune trace dabus sexuel nest relevée.

Laffaire commence neuf ans plus tôt, le 14 février 2011. Comme chaque jour, à 4h30, Patricia Bouchon, 49 ans, secrétaire juridique dans un cabinet davocats toulousain part faire son jogging. Personne ne la reverra. Lorsque son mari se réveille, vers 5h45, il sinquiète de cette absence prolongée et prévient la gendarmerie. Une enquête est ouverte pour disparition inquiétante. Très vite, les militaires découvrent une série dindices alarmants disséminés le long de son parcours sportif : des traces de sang en quantité abondante, son chouchou rayé noir et blanc, une de ses boucles doreilles, des cheveux… Face à lévidence criminelle, le 28 février, une information judiciaire est ouverte pour homicide volontaire. Finalement, le corps de Patricia Bouchon sera découvert un mois plus tard, caché dans une canalisation, sous un pont, par un chasseur à la recherche de son chien égaré. Daprès les médecins légistes, elle a été violemment frappée au visage par un objet contondant. Elle présente également des traces de strangulation.

En février 2012, le mari de Patricia se confie au Figaro : Lorsquon retrouve votre femme morte, tout bascule. Cest monstrueusement difficile! Cest la fin dune période de recherches et le début dune enquête. Nous étions mariés depuis 33 ans. Il ny a pas eu de colère, de haine ou de vengeance. Cela ne fait pas avancer et je pense que cela ne maiderait pas. Il y a eu une incroyable tristesse.

Contacté par Libération, Me Guy Debuisson avocat de la défense, insiste : Nous nous sommes battus pendant quatre ans pour faire sortir Laurent Dejean de prison. Lavocat général sy est toujours opposé mais dans son mémoire devant la chambre de linstruction, il a écrit quil ny avait pas assez de preuves pour le renvoyer devant les assises. Cest assez exceptionnel. Comme le parquet est un et indivisible, jespère quil adoptera la même position. Et dajouter pour souligner labsence de preuves : Cette affaire repose sur un témoin oculaire qui décrit une scène la nuit dans un village mal éclairé et qui se contredit au fil de ses dépositions. Sans compter que lADN de Laurent Dejean na jamais été retrouvé sur le corps de Patricia Bouchon alors quon sait quil sagit dune agression extrêmement violente. Le verdict est attendu le 29 mars.

Le quinquagénaire se dit par ailleurs certain que les autorités vont retrouver le coupable. Pourtant, lenquête navance guère malgré la mobilisation dimportants moyens. Il faut attendre février 2014 pour que laffaire rebondisse avec le placement en garde à vue de Laurent Dejean, habitant de Bouloc alors âgé de 35 ans.

Cet ancien plaquiste nest pas un inconnu pour les enquêteurs qui lavaient déjà entendu dans cette affaire. Deux éléments troublants mènent à la piste du trentenaire. Un chauffeur-livreur qui avait croisé Patricia Bouchon le matin de sa mort a déclaré avoir aperçu une Clio de couleur claire. Or le suspect possède une voiture de ce modèle, et assure ne plus savoir où est le véhicule… Ce témoin capital a aussi permis détablir un portrait-robot du conducteur de la Clio, sur lequel plusieurs personnes ont identifié Laurent Dejean.

Du côté de la défense, on estime que les charges sont insuffisantes, "comme lavait estimé lavocat général". Ses avocats, Guy et Pierre Debuisson envisagent de plaider "lacquittement", alors que leur client na jamais reconnu les faits, ont-ils déclaré jeudi matin.

Des éléments rejetés en bloc par Me Guy Debuisson, le conseil du suspect. Ce témoin a présenté plusieurs versions différentes, et il na pas reconnu mon client lors dun tapissage, martèle lavocat, avant de contre-attaquer: Lagression a été très violente. Il y a forcément eu des contacts entre Patricia Bouchon et son meurtrier. Or, de lADN a bien été retrouvé sur le corps, mais ce nest pas celui de Laurent Dejean. Par ailleurs, un couple a certifié avoir entendu crier: Excuse-moi, excuse-moi, mais ce nétait pas la voix de mon client.

En janvier 2018, lavocat général de la chambre de linstruction de la Cour dappel de Toulouse avait toutefois estimé quil ny avait pas, dans le dossier les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. Ce réquisitoire a été infirmé par le chambre de linstruction. 

Mis en examen pour homicide volontaire, Laurent Dejean est placé en détention provisoire. Par deux fois, il demande à être remis en liberté mais ses requêtes sont refusées. En décembre 2017, le parquet général de la chambre dinstruction de la cour dappel estime pourtant que les éléments contre le suspect sont insuffisants pour le renvoyer devant une cour dassises.

Lors de lenquête, Laurent Dejean a été placé en garde à vue à deux reprises avant dêtre finalement mis en examen le 9 février 2015, puis écroué. Il faisait lobjet dune mesure de curatelle renforcée après plusieurs hospitalisations doffice.

Lespoir dun non-lieu nourri par Laurent Dejean est cependant vite douché. En février 2018, la chambre dinstruction refuse de suivre lavis du ministère public et renvoie le trentenaire devant la cour dassises de Toulouse. Un peu plus dun an plus tard, voici donc lancien ouvrier devant la justice pour ce meurtre quil nie fermement depuis le début de laffaire et qui pourrait lui valoir 30 ans de réclusion criminelle au titre de larticle 221-1 du Code pénal.

Face à lui, lépoux, la fille et la sœur de Patricia Bouchon, représentés par Me Stéphane Juillard. Tous trois convaincus de la culpabilité de laccusé, ils craignent que lavocat général ne demande lacquittement, suivant en cela lavis du parquet général de la chambre dinstruction de la cour dappel. Cest une position inconfortable pour nous, mais nous sommes prêts, prévient lavocat, qui décrit des parties civiles très dignes.

Sur le banc des parties civiles, où sont assis la fille de Patricia Bouchon, son mari, sa mère, son frère et sa sœur, on espère "des réponses" de laccusé, ont indiqué Me Lena Baro et Me Stéphane Julliard.

Du côté de la défense, Me Guy Debuisson veut évidemment croire que le parquet sera un et indivisible et que la logique du ministère public ira jusquau bout. Lavocat espère aussi que létat de santé de son client permettra aux audiences de se tenir. En pleine décompensation à lapproche du procès, Laurent Dejean a en effet été placé en unité psychiatrique au sein de sa prison.

Le procès de Laurent Dejean, accusé dêtre le meurtrier de Patricia Bouchon, une joggeuse disparue le jour de la Saint-Valentin 2011 près de Toulouse, sest ouvert jeudi devant les assises de la Haute-Garonne.

Merci à ce c*nnard de Badinter et à tous les benêts qui ont voté pour cette fripouille de Mitterrand.

Plusieurs personnes affirment alors le reconnaître, dont son ex-compagne, qui indique aussi aux enquêteurs quil avait dû être hospitalisé en psychiatrie juste après la disparition de la joggeuse. 

S'il disait où est passée sa Clio ? Le fait qu'elle ait disparu n'encourage pas à croire en son innocence. D'autant qu'un portrait robot a été diffusé et qu'il a été formellement reconnu.

Son extraction de la structure psychiatrique spécialisée où il est hospitalisé depuis un mois avait été retardé dans la matinée par le mouvement de protestation des gardiens de prison. 

curieux de juger un homme qui est en hôpital psychiatrique ; le parquet général est contre sa détention et la chambre d'instruction l'envoie aux assises !!! quel bordel cette justice !!! bon , nous sommes en france , faut comprendre !!!

Oui mais dans la justice Française, quand on a un suspect, on ne le lâche pas avant d'en avoir un autre.

Jugé pour "homicide volontaire", ce plaquiste aujourdhui âgé de 39 ans encourt trente ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu pour le 29 mars.

Il y a des éléments pas clairs du tout dans cette affaire, absence d'ADN, le "excuse moi" au singulier, la clio disparue, et cinq ans de détention préventive, par un proc. qui n'y croit pas.

Cest la diffusion dun portrait robot, en octobre 2013 qui conduira les enquêteurs sur la piste de Laurent Dejean. 

C'est une terrible affaire ! cette femme a subi une mort atroce, il faut retrouver le coupable mais s'il on trouve d'autres traces ADN que celles du prévenu ? avec cette violence , les traces ADN doivent être multiples …..

C'est quand même une étrange affaire! Un homme emprisonné alors que rien ne prouve de façon décisive qu'il soit coupable,de l'ADN sur la victime mais pas le sien. Cela donne une impression de légèreté dans l'enquête mais de lourdeur dans la peine.

Le suspect gardé en détention depuis 5 ans sans élément suffisant pour prouver sa culpabilité selon l'appréciation du parquet général ?

Donc, en résumé, on a des doutes sur sa culpabilité, mais on continue à vouloir prouver que c'est lui, sans élargir l'enquête ou la reprendre d'un œil nouveau, effarant de voir autant d'incompétence et de manque d'intelligence a ce niveau.

On s'occupe de l'état de santé de ce meurtrier ? Pauvre bichon, le voilà en hôpital psychiatrique. Tolérance zéro pour tous ces meurtriers.

encore faut-il que ce soit lui le coupable, et d'après l'article, cela semble bien incertain.

Il ny a aucune trace adn de ce type sur cette femme. Quelle preuve apporte-on que cest lui ? Aucune

Les éléments des parties civiles, telles que décrites dans l'article, sont bien trop minces pour un tel verdict.

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PROCES Le procès de Laurent Dejean, le meurtrier présumé de Patricia Bouchon, assassinée le 14 février 2011 à Bouloc, souvre ce jeudi. La famille de la victime est persuadée de sa culpabilité

Depuis huit ans, ils attendent de savoir ce qui est arrivé à Patricia Bouchon, assassinée un matin de février 2011 alors quelle faisait son jogging matinal sur la commune de Bouloc, au nord de Toulouse.

Ce jeudi, la famille de cette secrétaire juridique de 49 ans sera présente sur le banc des parties civiles à louverture du procès de Laurent Dejean, son meurtrier présumé. Plus de quinze jours daudience auxquels ses proches se sont préparés.

 Cela fait quand même huit ans que lon attend ce moment-là, cest important pour nous. Mais à la fois cest quelque chose que nous navons jamais vécu, nous appréhendons énormément car nous allons passer plus de quinze jours à revivre une enquête difficile , reconnaît Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

Aux côtés de son père, Christian, et de sa tante, Sandra, la sœur de Patricia Bouchon, elle a suivi chaque étape de lenquête et ses multiples rebondissements. Durant de longs mois, elle sest battue pour que le portrait-robot du meurtrier présumé, croisé par un automobiliste, soit diffusé.

Il y a un an, elle a été sonnée lorsque lavocat général a requis un non-lieu dans ce dossier devant la Chambre de linstruction. Mais sa conviction na pourtant jamais vacillé.

Pour elle, la culpabilité de laccusé ne fait aucun doute, malgré le manque de preuves directes qui manquent au dossier.  Jen suis absolument convaincue. Effectivement, on na pas dADN, pas daveux, mais mis bout à bout, tout pointe vers Laurent Dejean. La ressemblance avec le portrait-robot est frappante , plaide la jeune femme.

Elle aimerait que lors de son procès, le plaquiste de 39 ans au profil psychotique  sexprime , lui qui a toujours nié les faits.  Il ne peut pas vivre toute sa vie avec sur la conscience ce qui sest passé , enchaîne la sœur de Patricia Bouchon.

Plus que des aveux, ce quelles attendent du procès,  cest une sanction .  On ne veut pas que le meurtre de ma mère reste impuni et surtout on souhaite que cela ne se reproduise pas , lâche Carlyne.

Elles sait déjà que son père pourrait être malmené par les avocats de Laurent Dejean.  On lui a retiré sa femme et en plus nous impose durant le procès davoir une défense qui pourrait pointer mon père pour émettre un doute auprès des jurés, cest exécrable , peste-t-elle, combative.

La jeune Toulousaine veut aussi profiter de laudience pour rappeler que sa mère  nétait pas quune joggeuse.  Cétait ma maman , souffle-t-elle. Depuis huit ans, elle en a entendu des critiques sur lheure très matinale de ses joggings.  Peut-être quelle courait à 4h30 du matin et que ça peut en choquer beaucoup, mais il ne faut pas oublier que ce qui nest pas normal cest que ce type dacte soit commis et non pas que quelquun vive sa vie , conclut-elle.