Toulouse. Un milliard deuros pour les quartiers prioritaires : voici les actions prévues – actu

Toulouse. Un milliard deuros pour les quartiers prioritaires : voici les actions prévues - actu

Julien Denormandie : Le renouvellement urbain à Toulouse est un projet de plus dun milliard deuros

Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Alors voici un milliard d’euros de preuves d’amour . En déplacement dans le quartier Empalot, lundi 8 avril 2019, Julien Denormandie, ministre délégué à la Ville et au Logement, a annoncé un engagement financier d’un milliard deuros pour la rénovation urbaine à Toulouse et dans la Métropole. 

Le Renouvellement urbain à Toulouse Métropole est un programme d’ampleur. Il concerne 4 quartiers prioritaires : le Grand Mirail, Empalot, Val d’Aran et Les Izards. Cela représente 47 000 habitants ! Nous allons accélérer la production de logements sociaux, avec 2 450 logements sociaux démolis qui vont permettre la construction de 3 400 nouveaux. 4 500 logements sociaux seront réhabilités. Mais le renouvellement urbain ce n’est pas que de la construction de logements, c’est aussi de nombreux équipements de proximité pour améliorer la vie quotidienne des habitants qui vont sortir de terre et changer l’image de ces quartiers : je pense à la création d’une base nautique, à la construction et la restructuration d’écoles et de collèges, à la construction d’une crèche, d’équipements culturels et associatifs…

C’est un projet de plus d’1 milliard d’euros de travaux dont 276 millions d’euros de concours financiers de l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine. Dès 2017 avec le président de la République, nous avions annoncé notre volonté de doubler l’enveloppe financière de la rénovation urbaine, la passant de 5 à 10 milliards d’euros, pour être en capacité de répondre aux attentes fortes exprimées par les élus locaux sur tout le territoire.

La crise des Gilets jaunes a-t-elle occulté la détresse de certains habitants des quartiers populaires ?

Non. Je ne vois pas pourquoi l’expression d’une colère viendrait cacher la souffrance et la détresse qui, ailleurs, peuvent s’exprimer autrement. Il faut veiller à ne jamais opposer les Français entre eux. Le point commun aujourd’hui c’est que beaucoup de gens, où qu’ils soient, ont le sentiment de vivre une vie empêchée. Empêchée par le chômage, les problèmes de pouvoir d’achat et de fins de mois difficile, l’éloignement des services publics ou le manque d’accès à Internet : c’est ce à quoi notre action s’emploie à répondre. Il faut briser les inégalités de destin dans notre pays, ces inégalités qui font que l’endroit où vous vivez ou le hasard de votre lieu de naissance détermine vos chances de réussite. Je me suis par ailleurs rendu à de nombreuses reprises dans des quartiers prioritaires de la ville dans le cadre du Grand Débat National : eux aussi ont organisé des temps d’échanges et ils avaient des choses à nous dire. Nous avons fait en sorte que les quartiers ne soient pas les oubliés du Grand Débat national. Nous sommes maintenant en train de travailler sur les différentes remontées que nous avons eues de leur part.

Comment aller plus loin dans les quartiers prioritaires que les programmes de destruction-reconstruction ?

Pour aller plus loin, il faut mettre l’humain au cœur du projet urbain. Tous les projets portés aujourd’hui ont été co-construits avec les habitants, à travers des réunions publiques, des rencontres avec les conseils citoyens, des ateliers sur site, permettant aux habitants de donner leur avis sur les transformations des lieux et témoigner du quotidien. Emmener les habitants dans la réflexion du renouvellement de leur quartier est un enjeu central de notre approche, ce sont eux les principaux concernés. Aller plus loin dans la reconstruction des quartiers prioritaires passe aussi par une attention particulière portée à la dimension économique des projets : pour changer la vie dans un quartier il faut y faire revenir des entreprises, des emplois, des commerces. C’est ce qui a été fait dans la métropole de Toulouse avec par exemple la création d’un espace pour l’innovation et l’entreprenariat.

C’est un enjeu fondamental de mon action. Cela passe par la rénovation urbaine d’abord, mais pas seulement. Il faut surtout éviter de concentrer les populations les plus fragiles toujours dans les mêmes quartiers. Avec la loi logement (ELAN) qui vient d’être adoptée, au moins 25 % des attributions de logements sociaux hors quartiers prioritaires seront fléchés pour les ménages les plus fragiles. Cela passe aussi par le soutien à l’attractivité des quartiers et à l’accueil de nouvelles populations. À Toulouse, l’Etat soutient par exemple les colocations solidaires portées par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville), qui permettent l’accueil d’étudiants à Bellefontaine et au Petit Varèse dans des logements sociaux en échange de 2 à 3 heures d’engagement solidaire par semaine.

Quelles actions novatrices pourraient être appliquées à Toulouse en matière de politique de la ville ?

L’État, Toulouse métropole et les communes travaillent main dans la main pour améliorer les conditions de vie des habitants des 16 quartiers prioritaires de la métropole. J’ai souhaité cette année que le dispositif des emplois francs soit étendu dès à présent à la Haute-Garonne. Ainsi, toute entreprise qui embauche un demandeur d’emploi résidant dans un quartier prioritaire du département peut bénéficier d’une aide de 5 000 € par an pendant 3 ans, soit 15 000 € au total. C’est essentiel, j’invite toutes les entreprises à s’en saisir en passant par Pôle Emploi.

Par une politique très ambitieuse et volontariste. En octobre dernier j’ai lancé le Plan « Initiative Copropriétés ». Ce plan mobilise de nombreux partenaires et plus de 3 milliards d’euros. C’est un plan inédit qui vise les situations les plus graves. L’urgence à agir nous impose de revoir nos méthodes et nos modes de faire pour proposer de l’utilité, de l’efficacité, du « sur-mesure » et du concret. C’est ce que fait ce plan qui est avant tout une approche au cas par cas, opérationnelle et concertée avec les élus. Ce plan, c’est près de 700 copropriétés en difficulté identifiées, ce qui représente 57 000 logements. Je me rends lundi prochain dans le quartier du Mirail, qui comporte plusieurs copropriétés en difficulté et qui fait partie des sites prioritaires. L’ANAH va cofinancer avec Toulouse Métropole pour près de 200 millions les travaux de réhabilitation des copropriétés en difficulté et les actions nécessaires à leur redressement.

Que vous inspire la lettre de l’humoriste Blanche Gardin à Emmanuel Macron dans laquelle elle refuse la distinction des arts et des lettres parce que le gouvernement n’aurait pas tenu ses promesses pour la construction de logements sociaux ?

Pour moi il est important qu’un artiste profite de sa notoriété pour prendre la parole et défendre ses convictions. L’engagement ce n’est pas que l’affaire des responsables politiques, mais de tous les citoyens ! C’est pour la même raison que j’ai trouvé important de prendre le temps de lui répondre par écrit. Voir en 2019 des personnes contraintes de vivre à la rue m’est tout aussi insupportable et, en tant que Ministre du logement, c’est ma mission d’apporter des solutions urgentes de mise à l’abri mais aussi durables avec l’accès au logement. Il n’y a pas de solution simple et la pression sur l’hébergement d’urgence est très forte, notamment à Toulouse, du fait de la crise économique et des flux migratoires.

Mais nous agissons avec beaucoup de force : nous avons ouvert depuis mai 2017, plus de 14 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence. Jamais un gouvernement n’a autant fait. C’était nécessaire. Tant qu’il y aura des personnes à la rue, nous continuerons cet effort avec force.

Au-delà de l’urgence, il faut permettre à chacun d’avoir un vrai logement. C’est la politique du logement d’abord que nous avons lancée avec des associations comme la Fondation Abbé Pierre. Grâce à cette action, en un an, 70 000 personnes en situation précaire ont été ramenées vers le logement.