A Toulouse, les conditions dun décès à lhôpital Purpan font débat – Libération

A Toulouse, les conditions d\un décès à l\hôpital Purpan font débat - Libération

Toulouse: Le décès dun patient aux urgences du CHU crée un vif émoi chez le personnel

Laffaire suscite un émoi important à Toulouse. Selon une enquête du site dinvestigation Mediacités, un patient serait décédé le 2 février à lhôpital Purpan dans des conditions suspectes, suite à un manque de personnel soignant.

Que sest-il passé ? Un patient dune soixantaine dannées, entré aux urgences, a été retrouvé en arrêt cardiaque sur son brancard, après être resté seul pendant quinze minutes. Selon le témoignage dune soignante recueilli par Mediacités, au moment où ce malade arrive, le collègue infirmier est seul pour gérer les entrants, réguler les flux, surveiller les patients placés dans les sas […] Il bossait en flux tendu depuis 10 heures du matin. Il a fait une pause dun quart dheure, aux alentours de 17 heures. Quand il est revenu, le patient était en arrêt cardiaque. 

" Nous n'avons jamais été en dessous de l'effectif requis pour les urgences" «À aucun moment, ce décès n’a été le motif de la grève. Le sujet était la pérennisation des renforts complémentaires sur toute l’année. Ce renfort a été mis en place du 29 janvier au 1er avril, au-delà de la période épidémique  », souligne Marc Penaud qui rejette l’accusation de manque de personnel. «Il y avait 3 médecins seniors, 3 internes et 8 personnels non médicaux (infirmiers, aides-soignants) pour 51 patients. Nous n’avons jamais été en dessous de l’effectif requis pour les urgences. Nous sommes dans les recommandations de la Société française de médecine d'urgence. Pour ce qui est de cet événement, une analyse est en cours en interne et avec l’ARS, c’est notre démarche qualité classique», ajoute le directeur général du CHU. Comprenant que les soignants et médecins aient été affectés par ce décès, il ajoute : « Les professionnels du CHU sont des personnes consciencieuses, engagées toute l’année auprès des patients ».

Décès suspect aux urgences de Toulouse : pas de dysfonctionnement pour le CHU

La direction du CHU de Toulouse a rapidement réagi à la publication de larticle. Ce patient a fait lobjet dune première prise en charge par un médecin du Smur à son domicile. Puis il a été transporté par le Samu. Les paramètres étaient normaux. A ce stade, il ny avait pas déléments qui objectivaient que quelque chose allait se passer, précise Sandrine Charpentier, cheffe de service des urgences du CHU de Toulouse. A son arrivée aux urgences, le patient na dès lors pas été monitoré. Cest pendant lattente de résultats dexamens complémentaires quil est décédé.

«La prise en charge de ce patient a été conforme à une prise en charge qu’aurait eu tout patient en dehors d’une période épidémique ou hivernale. Un médecin du SAMU s’est déplacé au domicile du patient, aucun critère de gravité n’a été constaté. Le patient a ensuite été envoyé aux urgences de Purpan en véhicule sanitaire. Là, il a été orienté vers le secteur « couché ». La personne a été évaluée plusieurs fois par l’équipe médicale et paramédicale jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée inconsciente. Parallèlement, des examens complémentaires avaient été lancés, le patient attendait ces résultats et la décision médicale dans un sas qui n’est ni un couloir ni une antichambre mais un lieu qui fait partie de l’organisation du service et permet de répondre aux pics d’activité. Il n’y avait chez ce patient aucun élément décelable pouvant préjuger d’une aggravation brutale ou d’un décès», explique le Pr Sandrine Charpentier, chef du service des urgences adultes au CHU de Toulouse.

Pour les syndicats CGT et Sud, cet événement dramatique sest produit dans le contexte dun manque de personnel et de pression au travail. Nous naffirmons pas quil ne serait pas mort si linfirmier avait été présent. Mais il aurait sans doute eu des chances dêtre sauvé ! Or, cette absence est le résultat dun sous-effectif chronique aux urgences, qui génère une forte tension dans le quotidien des soignants, souligne Alain Motes, membre du CHSCT du CHU de Toulouse, syndiqué à Sud.

« Un décès à l’hôpital n’est pas nécessairement un décès suspect. Nous voulons expliciter les faits rapportés par Médiacités et éviter les amalgames ». C’est en ces termes que Marc Penaud, directeur général du CHU de Toulouse, a ouvert ce mardi une conférence de presse faisant suite à la parution d’un article mentionnant un décès « suspect » d’un patient âgé d’une soixantaine d’années « victime d’un arrêt cardiaque » après son admission dans le service des urgences de l’hôpital Purpan.

Fait rare, la CFDT a rejoint le constat de pénurie de moyens fait par la CGT et SUD, soulignant auprès de Mediacités avoir été très impactée par cette histoire. La direction a beau nous promettre quelle va changer de logiciels, de bâtiments, de méthodes, on va toujours rester dans la même configuration : pas de lits et pas dagents supplémentaires.

A ce jour, la famille n’a déposé aucune plainte, elle ne s’est pas non plus manifestée auprès des médias. Cet événement dramatique s’est produit le 2 février, dans une période de pic épidémique hivernal. La direction du CHU avait déjà déclaré l’« hôpital en tension » et la commission des admissions non programmées avait décidé l’octroi de moyens supplémentaires (personnels et renforcement de la cellule de gestion des lits).

Pour Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse, la prise en charge du patient a été correctement diligentée. Il conteste les accusations de manque deffectifs. Pourtant, des éléments relatés par Mediacités contredisent sa position. Après la mort du patient, deux procédures pour danger grave et imminent ont été initiées par des personnels et menées par la direction et le CHSCT. Ces enquêtes portent sur les conditions de travail de léquipe soignante du bâtiment Urgences réanimation médecine (URM). Le rapport, rendu le 4 février, fait notamment mention de sous-effectif structurel et conjoncturel : les soignants ne sont pas assez nombreux pour prendre en charge les patients. Le document pointe également un poste infirmier occupé temporairement par un aide-soignant ou encore le manque de matériel : brancards, appareils à glycémie, thermomètres….

En réponse à ce rapport et à la demande pressante de certains personnels, la direction a décidé dadjoindre aux équipes un binôme infirmier/aide soignant, complété par un bed manager chargé de fluidifier les transferts de patients depuis les urgences. Elle prévoit également de procéder au recensement puis à lachat déquipements indispensables au bon fonctionnement du service. Un cautère sur une jambe de bois pour la CGT et SUD qui entendent poursuivre leur action afin dobtenir plus de moyens et deffectifs au CHU de Toulouse.

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SANTE Des syndicats avancent l'hypothèse d'un effectif trop juste ce jour-là, ce que la direction conteste

Le décès dun patient dune soixantaine dannées le samedi 2 février aux urgences du CHU de lhôpital Purpan à Toulouse est-il un événement dune triste banalité ou le symptôme dun manque de personnel soignant ? Les syndicats et la direction en font deux lectures différentes.

La mort de ce patient a été dévoilée mercredi par le site dinformation Mediacités. Ce dernier indique quil a été dirigé dans le sas entrant, un mot également utilisé par les syndicats et les membres du personnel, laissé sur un brancard et quun infirmier revenant dune pause la trouvé en arrêt cardiaque. Le tout, dans un contexte de pic épidémique de grippe.

La direction de son côté explique que le patient, qui ne présentait pas de critères de gravité, a été orienté vers la salle couché qui rassemble les patients qui ne sont pas considérés en urgence vitale, ni monitorés et que durant ce jour-là léquipe était composée de trois médecins, trois internes et huit infirmiers. Il attendait les résultats de ses examens. Sa prise en charge a été diligente, conforme, identique à celle dun patient en dehors dun pic dépidémie, assure  le professeur Sandrine Charpentier, chef de service des urgences. Il a été vu cinq fois à compter de lappel au Samu, ajoute-t-elle. 

Un décès dans un hôpital nest pas nécessairement un décès suspect, martèle Marc Penaud, le directeur général du CHU. Celui de ce patient a toutefois créé un vif émoi au sein du personnel. Une procédure pour Danger grave imminent (DGI) a été déclenchée dès le 3 février ouvrant une enquête du Comité dhygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Pour les syndicats Sud et CGT, il faudrait quun binôme de soignants surveille en permanence le sas entrant. Nous ne disons pas quil ne serait pas mort sil y avait eu davantage de personnel ce jour-là, mais on ne sait pas si toutes les chances ont été mises de son côté, souligne Pauline Salingue (CGT), la secrétaire du CHSCT de Purpan, qui rappelle quil y a eu 270 suppressions de postes au CHU depuis 2014, alors que la population augmente.

Parallèlement à la saisine du CHSCT, la direction a signalé le décès en tant quévénement indésirable à lAgence régionale de Santé où le dossier est en cours dinstruction. Le but est de savoir pourquoi létat de ce patient sest brutalement dégradé.