Pont effondré près de Toulouse : le camion cause apparente de laccident – Le Point

Pont effondré près de Toulouse : le camion  cause apparente  de l\accident - Le Point

Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : deux plongeurs spécialisés des P.-O. appelés en renfort

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn sest effondré DDM Publié le 19/11/2019 à 07:16 , mis à jour à 08:19 Pont effondré de Mirepoix-sur-Tarn, Faits divers, Mirepoix-sur-Tarn Tristesse, désolation, colère, ce sont tous ces sentiments et bien d'autres qui se mélangeaient dans les cœurs des habitants de Mirepoix-sur-Tarn, hier après l'effondrement du pont suspendu, véritable emblème de la commune. «Je suis né ici et j'y ai toujours vécu. J'ai 62 ans, ce pont, je suis toujours passé dessus», commence Jean-Claude, imperméable vert et jogging bleu enfilé en vitesse à la sortie du lit. Quand le bruit des hélicoptères l'a réveillé, il n'a pas réalisé tout de suite la gravité de ce qui venait de se passer. «Je les ai entendus tourner, mais j'ai d'abord cru à un accident au niveau du rond-point de l'autre côté du pont. Ça arrive.»

En fin de matinée, plus de trois heures après le drame, il commence tout juste à retourner chez lui à pied, dans le lotissement à quelques dizaines de mètres du pont dont il vient de constater la chute. En ce jour si singulier, ce Mirapicien de toujours mettra néanmoins beaucoup plus de temps que d'ordinaire pour avaler la distance.

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn avait tiré la sonnette dalarme

Le choc est lourd, suffisamment pour étourdir cet ancien chauffeur routier, qui voit une certaine fatalité dans ce qui est arrivé : «Même si le pont était souvent entretenu, il est d'une génération qui ne peut plus supporter les multiples véhicules qui passent et qui sont de plus en plus lourds…»

Il s'interroge, la gorge nouée, sur la responsabilité des pouvoirs publics : «C'est une catastrophe, lâche-t-il dans un sanglot. Ça aurait pu être ma fille… Imaginez qu'à quelques minutes près, c'était un car avec potentiellement plus de quarante enfants qui passait sur ce pont. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Des victimes toutes innocentes. Faut-il encore laisser des cars scolaires passer sur ce genre de pont ?»

La disparition d'une jeune habitante de la commune, adolescente de 15 ans, est ici dans toutes les têtes. Annie, 71 ans, installée depuis 32 années à Mirepoix-sur-Tarn, ne pensait hier qu'à cette «gamine qui devait certainement aller au lycée comme tous les matins, elle n'avait rien demandé à personne, et voilà…» Recouverte par un épais plaid qui lui protège les épaules, elle s'inquiète aussi pour l'avenir de sa commune où ne subsistait déjà plus qu'un seul commerce avant le drame. «Mirepoix va perdre en attractivité sans ce pont… On va vivre comme dans un cul-de-sac !» Même si elle ignore, comme les autres, la cause officielle de cet effondrement, elle avoue en avoir «marre de ces monstres» qu'elle voyait passer souvent sur le pont. Des camions, qui lui paraissaient souvent beaucoup trop lourds.

Fernand, habitant de Villemur-sur-Tarn, à quelques kilomètres de là, dit avoir «peur» désormais, d'autant que sa commune possède un pont suspendu quasiment identique à celui qu'il vient de voir écroulé. Des travaux d'entretien y ont été réalisés récemment. Lui aussi se dit ce que beaucoup des badauds venus observer la tragédie pensent en ce lundi : «Ça aurait pu être moi, avec mon club de vélo, on y passait régulièrement sur ce pont. J'y étais pas plus tard qu'il y a deux semaines.» Il se pose de nombreuses questions : «C'est inscrit que les camions de plus de 19 tonnes ne peuvent pas circuler sur le pont, mais est-ce que ça se sait vraiment ? Est-ce que ça se voit assez ? Est-ce que c'est bien respecté ?».

Si le poids du camion est évoqué comme une piste possible de leffondrement de louvrage, Hervé Maurey, président de la mission dinformation sénatoriale sur létat des ponts, a jugé “invraisemblable” quun pont “inspecté, entretenu, seffondre parce quil y a un véhicule trop lourd qui passe”.

Un habitant pourrait lui apporter certaines réponses… «Je suis chauffeur routier, j'ai un 26 tonnes et je passais tous les jours sur ce pont», avoue celui qui dit avoir connu le conducteur retrouvé mort en fin de journée. Il regrette qu'on lui mette tout sur le dos. «Aujourd'hui, les gens s'en prennent à une victime.»

Mais ce mardi matin, un travail plus technique débute. Il est mené par une dizaine de gendarmes de lidentification criminelle. Des enquêteurs techniciens et scientifiques qui depuis 10h sont en train de modéliser la scène du drame. Avec des repères fluo, des images de drone et des boules blanches GPS, ils vont reconstruire numériquement les lieux. Et cest grâce à ces données quils pourront faire une reconstitution virtuelle de laccident. Cette technique a par exemple été utilisé pour laccident de car de Millas. Les photos des pompiers et gendarmes plongeurs seront aussi extrêmement utiles dans pour la reconstitution. 

Des renforts des sapeurs-pompiers des P.-O. ont été déployés en Haute-Garonne Twitter @sdis31officiel / Twitter @sdis31officiel Publié le 18/11/2019 à 18:13 / Modifié le 18/11/2019 à 19:43 Sabonner 1 commentaire — partages Partager sur Perpignan, Accidents de la route, Toulouse Faits divers Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : deux plongeurs spécialisés des P.-O. appelés en renfort MISE À JOUR À 19 H 40. Il s'agit de sapeurs-pompiers de l'unité de désincarcération sous-marine.  Une équipe de deux plongeurs des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales, spécialisée dans la désincarcération sous-marine, a été envoyée ce lundi 18 novembre à Mirepoix-sur-Tarn (au nord de Toulouse), où un pont suspendu s'est effondré dans la matinée. Les deux secouristes ont été acheminés par hélicoptère pour prêter main-forte au SDIS 31 (Service départemental d'incendie et de secours) dans le cadre du renfort zonal.

Lenquête judiciaire sur leffondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn a été confiée par le parquet de Toulouse aux gendarmes de Haute-Garonne. Lundi, quelques heures après le drame, les pompiers et les enquêteurs se sont évidemment dabord occupés de laspect humain. Le but était de remonter le  corps du chauffeur du poids-lourd. Cela a été fait par les plongeurs des pompiers à 22h30 lundi soir. Le balisage du camion et de la Clio ont été aussi été réalisés. Des bouées orange flottent ainsi sur le Tarn pour ne pas perdre la trace des deux véhicules. 

Selon la préfecture de Haute-Garonne, l'accident a fait au moins deux victimes. Il s'agit d'une jeune fille de 15 ans qui était en voiture avec sa mère, et le chauffeur d'un poids lourd. Cinq autres personnes ont été blessées et plusieurs autres sont encore recherchées en fin d'après-midi.

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn connaissait indirectement lun des deux victimes. Lisa, ladolescente de 15 ans, "venait de sinstaller récemment dans la commune avec sa maman". Malgré lintervention rapide de deux sapeurs-pompiers, "qui se sont jetés à leau instantanément, ils nont pu la sauver, à cause "du fort courant" du fleuve, contrairement à sa mère. Face à lémotion, lélu a reçu dans la nuit un message "de condoléances et de soutien" de la part du Président de la République, Emmanuel Macron. "Cest important", souligne lédile, qui avait reçu lundi la visite de Laurent Nunez, le secrétaire dEtat auprès du ministre de lIntérieur. Dautant que lEtat, avec le département et la région va bien évidemment participer à la reconstruction. Eric Oger espère "rebâtir rapidement ce pont stratégique" pour sa commune. Avec son conseil municipal, il aspire à se mettre rapidement au travail. "Il va falloir très vite se mettre au travail et reconstruire."

Effondrement dun pont à Mirepoix-sur-Tarn : le camion faisait “environ 45 tonnes selon les services de gen…

Au moment des faits, les plongeurs du SDIS 31 se trouvaient en formation en terres catalanes. 

Mais pour lheure, la priorité cest de permettre aux habitants de Mirepoix-sur-Tarn de rejoindre Toulouse plus au sud. Stratégiquement, leffondrement de ce pont "est quand même un sacré handicap pour le territoire", reconnait Eric Oger. Car ce pont nétait pas seulement utilisé par les voitures pour rejoindre la métropole toulousaine. Il servait aussi "de passage piétonnier pour rejoindre un espace de covoiturage". Désormais, les habitants doivent faire un détour de près de dix kilomètres, et "ce nest pas possible", tonne lélu. Avec la complicité du département, la ville a donc "mise en place des navettes pour que les gens puissent continuer de se déplacer". En attendant bien sur des solutions plus pérennes. 

Deux enquêtes ouvertes après leffondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn

En tenant compte de la pression de l'eau, l'intervention exceptionnelle des sapeurs-pompiers du SDIS 66 porte sur la désincarcération et le découpage de tôle de véhicules à l'aide d'un matériel aquatique spécifique, composé de pinces notamment qu'eux seuls ont en leur possession. C'est pourquoi ils dirigent lesdites opérations de désincarcération.   

Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : le camion tombé dans le Tarn pesait bien plus de 19 tonnes

Deux enquêtes, une première par le parquet et confiée à la gendarmerie, et une seconde par le Bureau d’Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre (BEATT), ont été ouvertes pour faire la lumière sur les causes et les circonstances de cet accident. Selon les informations de nos confrères de La Dépêche, "c'est un camion de la société Puits Julien Fondation (…) dont le tonnage était supérieur à la limite autorisée qui s'est engagé sur le pont suspendu." 

"Je me suis dit que cela nallait pas passer." Alors quelle arrive au milieu du pont routier de Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), quelques instants seulement avant son effondrement, provoquant la mort dau moins deux personnes, Liliane aperçoit dans le sens inverse un véhicule "un peu trop imposant". "Je voulais être sortie du pont avant quil y entre", raconte lautomobiliste, inquiète de voir un poids-lourd dune telle envergure sengager sur cette route. "Cétait un camion orange, qui à mon avis transportait un engin", se souvient-elle.  Finalement, elle parvient à atteindre la sortie du pont lorsque lui y rentre. "Ce qui fait que je nai rien vu après", témoigne Liliane.