Rigoletto avec un jeune et beau ténor à l’Opéra de Tours

Rigoletto avec un jeune et beau ténor à l'Opéra de Tours

Rigoletto avec un jeune et beau ténor à l’Opéra de Tours

Bruno Ferrandis développe la partition avec un orchestre réparti entre la fosse et les deux loges de côté. Il évite tous les travers vulgaires que l’on trouve parfois dans l’œuvre et lui donne au contraire un dramatisme passionnant dès l’ouverture. Les soli de bois attirent, notamment ceux du premier hautbois, même si c’est par les cordes que les effets les plus impressionnants apparaissent, avec une incroyable gestion du crescendo dans les derniers instants de l’acte I ou une superbe dynamique sous l’air Cortigiani, vil razza dannata à l’acte II. Les cuivres ne déméritent pas non plus, surtout les trombones, le cimbasso ayant été remplacé par un trombone basse plutôt que par l’habituel tuba. Avec une meilleur mise en scène et un chanteur plus sensible dans le rôle principal, la représentation aurait trouvé une envergure idéale !Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit. Opinions La vulgarisation musicale, bienfait ou danger ?2 Oct 2017

Flash info Levée du préavis de grève à l’Opéra de Paris10 Oct 2017Le Premier meurtre à l’opéra de Lille dimanche 6 novembre, rencontre avec Maxime Pascal et Arthur Lavandier, porte-voix de cette « une grande salade d’amis »  qu’est Le Balcon.

Rigoletto mis en scène par de François de Carpentries ne nous avait pas totalement convaincu, en partie du fait des chanteurs mais aussi de la scénographie. Cinq années plus tard, l’impression à la sortie de cette matinée est beaucoup plus favorable, sans doute en partie grâce à une équipe renouvelée.

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Livret de Francesco Maria Piave d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo

Don Carlos, l’Opéra de Tours utilise intelligemment un budget incomparablement moins élevé pour ouvrir sa saison avec un autre chef-d’œuvre de Verdi, Rigoletto. Les plus petits rôles étant tenus avec plus ou moins de réussite par des chanteurs du chœur, le premier personnage dévolu ce soir à un soliste confirmé est celui du vieux Monterone, surprenant dans la couleur du timbre encore jeune bien qu’emporté vers le grave par Julien Véronèse. Lors de cette première, le baryton entre cependant plus dans le rôle à son retour à l’acte III que dans ses incantations  »Sii Maledetto » à la fin de la scène 1. Autre habitué de Monterone mais ce soir Sparafucile aux graves profonds et noirs, Luciano Montanaro intéresse également plus dans sa réapparition à la grande scène de l’Acte III qu’à la Scène 2 de l’acte I où la ligne de chant est encore aléatoire.Luciano Montanaro maîtrise sans problème la tessiture de Sparafucile même si on pourrait souhaiter couleurs plus abyssales pour l’assassin. Sa sœur Maddalena trouve en Ahlima Mhamdi une interprète parfaite, avec le zest de vulgarité nécessaire. Le « Bella figlia dell’amore » est d’ailleurs un des sommets de la représentation. Le Monterone de Julien Véronèse est suffisamment rageur pour impressionner et Eléanore Pancrazi tire son épingle du jeu en Maddalena point trop matrone.

Eléonore Pancrazi ravit dans le rôle de Giovanna, même si la première place de mezzo-soprano est évidemment donnée à Maddalena, ici Ahlima Mhamdi, aguicheuse par les gestes comme par le timbre, surtout dans la couleur du bas-médium. Rôle-titre de l’opéra, le Rigoletto de Davit Babayants intéresse d’abord par le style donné à son personnage, voulu faux bossu par la mise en scène avec une protubérance contenue dans la doublure du manteau. Le baryton possède les notes et monte même jusqu’au traditionnel la bémol dans le premier duo, sans aller chercher si haut aux deux autres moments possibles de l’œuvre. Mais le timbre nasal et l’absence de finesse dans le jeu finissent par fatiguer, surtout lors de la peu touchante scène finale. L’attention se tourne alors vers Gilda, Ulyana Aleksyuk, agile dans les vocalises et à l’aise dans le registre aigu jusqu’au contre-ut, bien que les sons filés puissent être encore mieux gérés.